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Je m’en remets au vent…
Je m’en remets au vent qui me donne une bise,
Un zéphyr sur mes joues que le temps a creusé,
Et qui ont tant perdu de leur couleur cerise...
Aucun mouvement d’air ne peut les enflammer.
Je m’en remets au vent qui cingle mon visage
Et fait trembler mon corps sorti de sa torpeur,
Rituel condescendant ou vertueux message
Sur la crête des mots qui n’ont plus de hauteur.
Je m’en remets au vent qui doit faire le vide
Au bord du précipice d’où il va s’envoler,
Pour poser avec lui ses idées de suicide
Au pied d’une falaise aux spectres démembrés.
Je m’en remets au vent qui souffle sous ma porte,
Glissant des feuilles mortes que l’hiver a grimé.
Poussières étoilées qui balaient et emportent
Ces petits grains de sables exempts d’être semés.
Je m’en remets au vent qui gémit et qui hurle,
Se frayant un chemin sans même s'égarer,
Arrachant à mes fleurs leurs frêles pédoncules
Au milieu d’un jardin que je dois sacrifier.
Je m’en remets au vent qui cherche ses racines
Dans la sève d’un ciel rempli de canopées,
Et qui contre le calme brusquement se mutine
Comme le fait la voile qui va appareiller.
Je m’en remets au vent qui dans sa nuit de noce
Veut se défenestrer derrière ses volets,
Sachant qu’un beau matin, il brisera l’écorce
En déposant ses armes au pied d’une forêt.
Je m’en remets au vent vecteur de cicatrices
Traçant toujours sa route sans être résilient,
Et qui se joue aussi des nuages factices,
Messagers isolés dans l’hospice du temps.
Je m'en remets au vent boursoufflé d'ecchymoses
A force de cogner sur les monts enhardis,
Sans vouloir s'octroyer le moment d'une pause
Sur le parcours enceint d'une route fleurie.
Je m’en remets au vent qui voudrait en découdre
Et de fil en aiguille passer en coup de vent,
Pour offrir à l’orage un simple coup de foudre,
Identique à celui qu’attendent les amants.
Je m’en remets au vent qui navigue en eau trouble
Sans un Cap d’ Espérance pour être survivant,
Tant pis si ce vent là a forci et redouble...
Seul les anges ont des ailes pour narguer son élan.
Je m’en remets au vent quand il bat la breloque,
Quand ses maillons s’enchainent pour mieux le délivrer,
Lorsque sa violence peu à peu se disloque
Et qu’un brin de langueur suffit pour l’apaiser.
Je m’en remets au vent, à son Zéphyr si doux,
Lorsque la Tramontane côtoie celui d’Autan,
Lorsque le vent du Nord me dicte ses mots fous
A en perdre la vie sous un Mistral gagnant.
Je m’en remets au vent, à ce vent de révolte
Qui sous son éventail agite l’air du temps,
Je m’en remets au vent, aux idées qu’il colporte
Pour les faire germer dans d’invisibles champs.
Je m’en remets au vent, je lui offre mes larmes
Afin qu’il les assèche d’une pluie de bonheur,
Je m’en remets au vent qui déclenche l’alarme
Pour mieux me prévenir d’autres nouveaux malheurs.
Claude écrit le 19 Mars 2022
Poème écrit suite à l'écoute de la chanson de
Hubert Felix Thiefaine : '' Je t'en remets au vent ''
J'ai déplacé le sens de la phrase en :
'' Je m'en remets au vent ''.
Don, rien à voir avec la belle chanson de Hubert Felix Thiefaine.
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