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Angelo marche et ses baskets pleurent de chaud -
Larmes de plastique sur les pentes pavées ;
C'est midi : le soleil en zénith, pas moins haut,
Fait s'écrouler des lambeaux de ciel incendié.
Angelo, soudain, s'arrête face aux persiennes
Entr'ouvertes d'une maison beige en sueur,
Il choppe une cigarette et, la bouche en cœur,
Laisse le Soleil allumer cette vilaine.
L'air toscan se tord de douleur dans les poumons
Qui osent encor sortir sous le feu solaire ;
Pauvres devenus fous sous la chaleur de plomb
Leur ombre même se brûle en rampant par terre.
Dans la fraîcheur des pêchers des cigales chantent
Des mélodies d'amour que le soleil calcine,
Et c'est le vent qui charrie les cendres errantes
Mêlées au parfum de fragiles nectarines
Jusque dans la ville martelée de chaleur.
L'impitoyable Apollon, de son œil tout blanc,
Méprise et juge d'une bouillante froideur
Les rues qu'il massacre de ses rayonnements.
Mais Angelo se fout de la divine haine,
Pour dire vrai, il ne s'en soucie même plus
Depuis qu'il mate le beau corps de l'inconnu
Qui n'a pas réussi à fermer ses persiennes.
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