|
[ecrit en 1952. j'avais 16 ans]
Je crains de vous lasser a vous savoir rebelle.
Indifferente autant qu'un marbre de Louxor.
Mais celui-ci n'est froid que parce qu'il est mort
Et vous etes vivante et vous m'etes cruelle.
Il faut prendre son temps. Finissons nos ecoles.
Laissez-moi vous cherir. .Cherissez-moi de meme
Car chaque jour qui nait, un peu plus je vous aime
Et dans un soir lointain, vous direz ces paroles
''Rene m'a tant chantee au temps ou j'etais belle
Que ses vers aujourd'hui sont autant de tresors''.
En essuyant un pleur, vous comprendrez alors
Que la saison d'amour peut se faire eternelle.
Las je ne serai plus que dans vos souvenirs.
Et ceux-ci peu a peu se noieront dans la brume.
Mais il depend de vous qu'ils ne soient d'amertume
Sachez que le present vaut tous les avenirs.
L'attente et le regret eclairent mon chemin.
Je serai celui-la qui conte vos merveilles
Et les moins receptifs m'en croiront leurs oreilles
Quand mes vers leurs diront l'eclat de votre teint.
Et vous, quand je serai -pour vous- sorti de l'ombre
Decouvrirez combien vous m'avez fait grandir.
Cette seule raison, qui me fait vous benir,
Je la veux assumer pour que jamais ne sombre
Votre beaute sans faille et votre humanite.
La plume est mon metier. Je veux en faire une arme,
Etre votre trouvere et raconter le charme
Du ciel de vos grands yeux et qu'ils m'ont envoute.
|