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les petites Histoires de l'HIISTOIRE
Nous sommes en 1787 a Vienne en Autriche. Mozart a le soutien de l'Empereur et croule sous les commandes. Il n'arrete plus d'ecrire et de composer. Sauf le mercredi soir, quand il ferme sa porte et s'enfonce dans la nuit.
Ou va-t-il ? Chez son ami Nikolaus Joseph Jacquin. C'est un botaniste connu qui accueille volontiers savants et artistes. De plus Mozart est le professeur de piano de sa fille Franziska. Quant au frere de celle-ci, Gottfried, il beneficie directement du talent du virtuose qui accepte d'ecrire pour lui des chansons d'amour. Afin que le garcon subjugue les belles de son entourage qui pensent qu'il en est l'auteur. Ce qui amuse Mozart heureux du succes de son protege.
Toute une joyeuse bande eprise de musique est ainsi reunie, sans cesse a la recherche de jeux nouveaux. Mozart, toujours pret a plaisanter -et le mot est faible-et toujours prompt a inventer de nouvelles farces- n'est evidemment pas en reste. C'est ainsi qu'un soir il propose de composer un menuet a l'aide ...d'un ciseau et d'une simple paire de des a jouer.
Comment cela? Il imagine de decouper les 16 mesures obligatoires d'un menuet en autant de fragments. Il en invente exactement 167. Qu'il classe ensuite dans un tableau numerote. Les joueurs lancent d'abord deux des. Selon le total, on joue le fragment qui correspond. Ce qui peut donner 0 et 1 ou 2 ou 3 etc Comme 3 et 6 , 5 et 4, 5 et 2 ou 3 et 6 etc etc. Puis on recommence avec deux autres des, jusqu'a ce que les 16 elements du menuet soient joues.
Logiquement un tel assemblage devrait deboucher sur une discordance, voire une cacaphonie. Mais l'auteur s'appelle Mozart et tout s'enchaine a merveille. Pas la plus petite faute d'harmonie.
Il faut dire que pour realiser ce qui semblait impossible, le compositeur a un peu triche. Il s'est arrange de telle sorte que le premier et le dernier des quatre fragments joues respectent des accords en mi majeur qui font qu'obligatoirement chacun s'adapte avec precision a celui qui le suit ou le precede. Mais si on fait le calcul de toutes les capacites offertes avec 167 lignes et a chaque fois 14 fragments -plus les deux arranges- multiplies par 11 possibilites le double zero ne compte pas- cela donne pres de 370.000. Chaque morceau durant 40 secondes, il faudrait donc des millions d'annees pour pouvoir les jouer tous a la suite.
Mais pour realiser tout cela il fallait plus que du talent. Le genie de Mozart.
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