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Pauline, l'esclave rebelle.

le mardi 13 septembre 2022, à 00:14. Posté par René


    les petites histoires de l'HISTOIRE

    En ce moment ou sont remis en cause par certains, les droits du sol et du sang en France, il me parait interessant de rappeler une affaire peu connue et tout a fait inhabituelle mais qui, a l'epoque, fit quelque bruit. Dans la ville de Nantes en particulier.

    Nantes, chacun le sait, fut le grand port negrier le France. Avec quelques autres dont essentiellement Bordeaux. Entre 1657 et 1731, environ 1800 expeditions furent envoyees vers l'Afrique afin d'en ramener une main d'oeuvre bon marche vers les colonies francaises d'Amerique et surtout des Antilles
    Environ 550 000 hommes, femmes et enfants furent ainsi deportes. Sans compter ceux qui m oururent en mer par suite de naufrage ou mauvais traitements.Mais quelques uns d'entr'eux -environ 700- furent ramenes des colonies a Nantes meme afin d'apprendre des fonctions et metiers utiles a leurs maitres. Ou de servir d'objets sexuels comme en temoignent certains pseudonymes revelateurs Cesar, Cupidon, Therese l'Amourette... Cependant leur sejour en France ne pouvait depasser 3 ans, la duree legale autorisee, l'esclavage -et donc la duree illimitee- n'etant permis que dans les colonies. Tous repartirent donc.Tous sauf un. Ou plutot une, une certaine Pauline.
    Cette jeune fille''brune'' comme on dit parfois, etait agee de 18 ans quand elle debarqua avec sa maitresse, Madame de Villeneuve, l'epouse d'un planteur de coton de la Guadeloupe. Cette dame devait aller a Paris et ne pouvait amener Pauline. Elle la confia donc aux religieuses du Couvent Notre-Dame du Calvaire, comptant la recuperer a son retour.
    Mais voila, lors de celui-ci, rien ne se passa comme prevu, En effet Pauline refusa tout simplement de la suivre, soutenue en cela par la superieure du couvent .et aussi un homme influent de la cite, le sieur Rene Darquistade, le futur maire.

    En janvier 1715, le tribunal donna raison a la jeune fille. Qui decida de rester au couvent et de devenir religieuse. Le 7 juillet 1716, soeur Therese, le nom ''d'habit'' qu'elle avait pris, prononca ses voeux perpetuels. Elle resta au couvent jusqu'a sa mort [dont j'ignore la date].

    Mais elle fut bien la seule exception a cette regle des 3 ans. D'autant que Louis XV durcit encore cette loi. Et nul ne put pas la suite beneficier du ''privilege du sol de France'' qui garantissait la liberte des personnes qui y vivaient.





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