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Accoutumance
Le doute s’installait dans les phares du givre,
Un oiseau survolait un biplan sans moteur,
Les vendanges d’automne me rendaient déjà ivre,
Et les pommes d’amour perdaient de leur saveur.
Les routes sinueuses délaçaient mes chaussures
Dans cet imaginaire de folles randonnées,
J’atteignais les sommets aux folles démesures,
Dans la géométrie d’angles millimétrés.
Une petite église au milieu des mélèzes
M’incitait à venir sans se faire prier,
Je n’avais plus qu’à suivre une pente mauvaise
Et un chemin de Croix pour pouvoir y monter.
La lune s’endormait avec ses flaques rousses,
Je prenais des étoiles au creux de mes filets
Et l’humus de mon cœur perlait dessous la mousse
Des arbres infertiles dépourvus de forêt.
J’avais gommé les mots distraits et insouciants
Pour mieux les éconduire sur l’écorce des arbres,
Ce n’était simplement qu’une fuite en avant
Afin d’y éviter d’inutiles palabres.
Je distrayais les fleurs en comptant leurs pétales,
Je chevauchais la mer sur la houle des vagues,
J’avais l’esprit ailleurs et toujours en cavale,
Persuadé que la vie n’était rien qu’une blague.
Les pierres racontaient leurs inerties faciles
Mais toujours compétents pour remonter le temps,
Les strates dévoilaient leurs énergies fossiles
Dans l’emblème caché du moindre sédiment.
Je m’étais imprégné des langes du mystère,
Ceux dans lesquels la vie m’avait été donnée,
Sans que je me soucie de l’inutile sphère
Dont le centre pour moi n’a aucun intérêt.
Claude écrit le 23 Septembre 2022
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