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Attention: je secoue les chaînes de l'enfance,
Je cherche encore en moi à lire et à comprendre.
Relié par mon cordon au passé qui me solde,
Toutes les cavités intimes de mon être !
L’enfance se sauve comme lait sur le feu
Il ne sert de courir pour l'empêcher de fuir,
Laissez-moi vous conter ces jours faits de misères
De joie et de taloches, des moments doux-amers
Mémoire ravaude, puis, patiemment remembre.
Toutes les parcelles d'insouciance, d'apathie…
Le nouveau-né, ce jour est installé en moi,
J’entends le murmure, le calme de sa voix,
Ses pleurs aussi parfois, ses gazouillis, ses rires,
Mais il ne connait rien, devant lui est le pire !
Mon enfance tu fus, mais crime il y eût,
Parce que tu n'es plus, puisqu’une seule fois
Comme dans les contes tu as bien disparu !
Ce n'est plus le passé que je veux clarifier,
Le passé composé, le futur antérieur
Ils m’entraînent vers eux pour fuir vers le néant.
Je veux faire vivre ce qui lie au présent,
Le parfum des roses et l’odeur des choses…
La date au tableau noir usée par les années
Mais tel un mur vieilli, tout flétri, tout s'efface,
Et tout se disperse, reste qu'un souvenir !
De ce que mille ont vu le jour pour disparaître,
Tout au fond de non-dit pour apaiser mon âme…
Les voix de l'enfance coulent comme une source,
Et viennent ruisseler sur terreau de mémoire,
Où des filets tissés de fibres d'or reviennent.
Puis elles sont allées, envolée au lointain,
Crime dont je n'ai pu amener au décret,
L’assassin et le voir soumis à la question,
Et moins à l'échafaud des principes et des normes !
Celui qui l'a commis nous connaissons le nom,
Le temps, cette enfance, de la montée des eaux,
Et du sang disparu et du gué du passage…
Surtout ne scrutez pas l’horizon, ni nadir,
Laissez-le s’en aller et venir à toute heure',
C’est certain, oh que oui, il ne nous oublie pas !
Jeudi 19 mai 2022 Marcel, alias plumedefou
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