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Impatients, Altérés.
….. L’Etonnement constant devant le Sens et l’Insensé du Monde, l’Impatience et la Soif inextinguible de Savoir, l’Insatisfaction perpétuelle et les Désirs non assouvis conduisent aux Enfers de l’Esprit, au Tohu-Bohu des Pensées contradictoires, à la Désolation du Désert de l’Inquiétude, aux Sables mouvants de l’Incertitude, à l’Ensauvagement du Coeur et l’Acédie furieuse, stérile. S’ouvre alors une incommensurable Profondeur sans Fin, sans Fond où basculent l’Esprit et le Langage devenus Confusion, Bégaiement, Homonymie hémorragique, Polysémie infinie.
Les Désirs et les Rêves confinent à l’Impossible du Terrestre et de l’Humain, au Désarroi. Envies et Convoitises maladives, Frénésie d’Appétits jusqu’au Désir d’Eternité, Persévérance fantasmée dans l’Être, jusqu’aux plus hautes Spiritualités rêvant d’une Harmonie du Monde et d’un Ciel pur, d’un Plan divin des Âges, loin de la Chair passible et corrompue et devenue par le Miracle et le Mirage, immatérielle, Gnose, Ascèse, Elévation.
Alors, les Oeuvres d’Art et l’Amitié nous consolent de n’être pas des Dieux et d’avoir à finir, dans la Contrainte du Falloir et du Devoir, dans la Stupeur de l’Egarement et des Certitudes absentes, dans la Nuit noire de l’Insensé, nous consolent pour un Temps de la Détresse qu’elles interrompent. Etincelance d’Être, Tempêtes, Orages, Eclatements, Corps épars, tragi-comiques, affligés de Disgrâces, de Gesticulations, Instants volatils, Particules de Poussière, syncopés, discontinus, aussitôt disparus qu’apparus, Pullulements, Tourbillons, Danses folles d’Ephémères minuscules dans un Soleil halluciné, Sarabandes funèbres au bord des Gouffres, Tocsins lancinants rythmant la Liste des Défunts, universelle Prédation de la Mort...A qui appartenons-nous ? Impatients, assoiffés, portés vers le Délire, entre les Larmes et le Rire et nous savons à peine ce que nous désirons en Vérité, ce que nous sommes…
Dans le grand Jeu du Monde, parmi les Errements et les Egarements et les Percées parfois lumineuses de la Quête de Vérité, dans la Mouvance et le Dédale, jaillit l’Enigme d’une Célébration tour à tour sérieuse, rêveuse et rieuse des Assoiffés de Sens et Jouissance. Pourtant, une insondable Tristesse environne nos Vies avec son grand Manteau de Solitude et d’Abandon. Le Rire et le Sérieux s’enlacent indémêlablement comme Joie et Angoisse, comme le Vrai au faux, comme l’Être au Non-Être.
Quelles seront alors la Clé et la Formule pures ouvrant sur la Clarté sans Voile si l’Impur se déguise en Azur, en Certitude inébranlable, en Vérité ? Et nous serons comme Jadis, comme ici et maintenant, comme toujours, éblouis, impatients, à jamais altérés…..
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