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On dit que le bonheur est toujours pour demain,
Mais non car il est là, au creux de notre main.
Nous le cherchons par-ci, par-là, tout affairé,
Sans prendre garde qu'il est à nos côtés.
Nous pouvons le saisir, mais nous laissons courir
Ce pourquoi nous aimons rechercher et souffrir.
Ah, malheur! Ah! Malheur, à ceux qui prodiguent
Moult conseils fielleux, bâtissant des digues
Autour de la concorde, détruisant les vestiges
De la félicité, pour laisser en litige,
Les restes de temples dressés comme des bougeoirs
A des dieux inconnus taillés en exutoires.
Compatir aux douleurs, certes, c'est faire un grand pas
Au fond de la tourmente, c'est faire un grand cas
De ces petites gens, sans importance marquée,
Et, de leurs intérêts non sans se démarquer
Joyeux, en prendre soin, mettant un chaud sourire
Aux visages meurtris de n'avoir pu mourir!
Le bonheur des autres c'est aussi le nôtre,
Ensemble parcourrons les chemins d'apôtres...
Pourquoi ne pas combler les milliers de gouffres,
Qui séparent de l’amour, alors qu’on ne souffre
De nous voir s'aimer, au lieu que dans l'ombre
Règne l'excitation d'une guerre très sombre!
N'est-il pas mieux de voir son autre que soi-même,
D'étroite harmonie avec son proche et même
De leur ego sortir une fraternité,
Dépassant les limites du masque vernissé?
Ah, bonheur! Ah, bonheur ! À ceux qui se soucient
Et peine pour autrui sans en compter le prix?
Vendredi 7 avril 2000 Marcel, alias plumedefou
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