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🤡🤡🤡 26 - 1 Acrostiche du regret

le dimanche 01 janvier 2023, à 19:50. Posté par FRANCOIS


    A la flèche de potron-minet, lorsque les
    broderies fluorescentes se décoloraient
    de fil en aiguille, et s’assoupissaient
    successivement, alors les premières
    mèches de vapeurs de teinte pêche et
    saumon marivaudaient au sein d’un
    étendard coruscant, où s’amplifiait
    imperceptiblement une duveteuse
    luminosité.


    Lorsque le paysage endossait sa
    coutumière canitie, et que les quelques
    friandises fleurissaient parcimonieuse-
    ment le sapin noëlien, notre vision
    impubère s’accommodait des frimas
    draconiens, et la télévision n’avait pas
    encore immolé les veillées au coin du
    feu, et le reposant ébruitement des
    histoires et contes fantastiques.


    Quand j’étais bambin lors des périodes
    hibernales, pendant que la nature
    paralysée et transie coudoyait une
    tangible léthargie, et que les babils
    des oiseaux dormaient dans un infini
    silence, j’assimilais d’une déficiente
    manière la conversion des macles
    gelées confinées dans les nuages, de
    l’amplification des cristaux à cause de
    l’accroissement de cette glace entassée
    dans les froides nébulosités et de sa
    chute sous l’effet de sa pesanteur.



    Réellement, ce ravissant spectacle de
    tous ces milliers de flocons de neige,
    qui tournoyaient sans cesse dans cet
    éther hivernal suscitaient des émotions
    paradoxales, des sentiments joyeux
    à l’extinction des journées scolaires et
    des devoirs domiciliaires, et des
    impressions mélancoliques au vue
    de l’uniformité des paysages.



    Au regard des dispositions budgétaires,
    je ne possédais pas de combinaison et
    de manteau de ski pour édulcorer la
    mémorable percussion des boules de
    neige, toutefois l’ingéniosité maternelle
    élaborait d’agréables moufles en laine,
    une longue écharpe protectrice et un
    bonnet douillet couvrant les oreilles.


    Par ces sagesses condescendantes,
    j’esquissais l’incursion désagréable
    et insidieuse de la poudreuse dans le
    cou, et j’étais à même de confectionner
    de merveilleuses rotondités compactes,
    dont le but de bombarder gauchement
    ces sardoniques projectiles sur de
    futurs assaillants.


    Il était au diable vauvert le temps, où
    mes deux sœurs engoncées dans des
    pélerines bleues marine escortaient les
    filles du patron jurassien à travers bois
    pour se rendre à l’école communale, en
    acheminant sous leurs bras de consis-
    tantes bûches pour entretenir le vétuste
    fourneau supposé réchauffer la classe.


    En ces dates chancelantes, la thérapie
    se montrait vulnérable et le syndrome
    de la mort subite du nourrisson peinait
    bien des familles, nous en fîmes la
    regrettable expérience avec le décès
    inattendu de mon jeune frère, dont je
    n’ai point connu les yeux bleus.


    Si la bénédiction séraphique s’était
    révélée miséricordieuse, je lui aurais
    attribué la luge avec convivialité, je
    l’aurais protégé avec mes poings nus
    contre les géants, nous aurions partagé
    les artifices de lancements lors de
    glorieuses batailles de boules de neige,
    les lobs patelins, les tirs à la hanche,
    les chandelles imprévisibles, et les
    roucoulettes fantastiques, qui nous
    auraient forgé une évidente cuirasse
    et une solide maîtrise du jeu.




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