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Les mains de mon oncle
avaient un gout iode
de labeur et de sel.
Elles portaient la mer
jusque dans son jardin
ou courbaient ses epaules
tout comme elles tiraient
le filet alourdi
des maqueraux peches.
Surtout elles savaient
les reves que les vagues
dispersent, fleurs d'ecume
qu'ensemence le vent
qui les confie aux flots,
souvenirs partages
des voyages lointains.
Mon oncle tenait le reve
et la mer dans ses mains
ou tombait quelquefois,
irisee de regrets,
une larme iodee.
Mon oncle etait d'un monde
qui n'est plus ou se meurt
un peu plus chaque jour.
Mais les souvenirs restent
et resteront longtemps,
tant que demeureront
en moi un peu d'enfance.
Cette enfance qui souvent
s'embarquait avec l'oncle
pour s'emplir d'oceans,
et d'envies de partances
tout en faisant le plein
d'inspirations marines
et d'heures d'enivrance.
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