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Que reste-t-il du temps où j’étais instinctif ?
Le château de Floirac où j’ai passé l’enfance ?
Style renaissance, les grilles en fer forgé,
D’une époque révolue, mais toujours bien assis !
Ces quelques souvenirs, je les ai enterrés ?
Non ! Ils viennent en surface et m’obsèdent le jour,
Mais aussi au déclin, lorsqu’ils saluent nadir.
Le grand parc ombragé, au centre clairsemé,
Quelques baraquements pour quelques colonies,
Lors servant de dépôt pour un art puéril.
Mon ire s'apaisait sur les œuvres d’argile,
Mais prête à resurgir comme volcan à vif !
Des murs décourageants, parmi l’indifférence,
Ceux d’un temps révolu où souffrant en leur sein,
Les enfants percevaient un amour fugitif,
Alors qu’à ces aubes, c’est temps des pas perdus…
Les souvenirs d’hier reviennent en ma mémoire,
En images sortant d’un énorme brouillard.
Mais ma vie d’adulte noircissait chaque année,
Me cachant pour longtemps la beauté des rivages.
Enfance dégarnie, enfance dépouillée,
Je n’y prenais point goût, n’y voyais point ciel bleu,
Je ne respirais plus, air frais et chaud soleil,
Mon esprit s’enfonçait dans mutisme complet.
Oh, que je hais ces jours ! Vous m’avez écorché,
Oh, que je hais ces jours ! Vous m’avez séparé,
J’exècre vos beautés, je méprise vos grâces,
Car il eut mieux valu ne pas être apparu,
Ma souffrance n’aurait point germé en mon corps !
Cette âme devenue en tout *marmoréenne,
Sans expression de joie, sans ivresse de vivre…
Je ne vois plus l’enfant, mais un homme abîmé !
Samedi 2 juillet 2022 Marcel, alias plumedefou
*marmoréenne : Qui évoque le marbre, les caractères du marbre (teinte, immobilité, froideur)
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