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L’hiver en transition
Quand j’ai levé les yeux, le ciel était tout blanc
Pour mieux me révéler sa poudreuse lumière,
Il neigeait des étoiles sur les jardins d’enfants
Où les flocons faisaient l’école buissonnière.
Le matin s’éveillait en se frottant les yeux
Et le café fumait au cœur d’une chaumière,
Un chat avait chaussé ses bottes de sept lieues…
Pour enfoncer ses pattes dans les flancs de l’hiver.
Une branche cassée défrayait le silence,
Tout semblait superflu, le monde se taisait,
On pouvait se passer de tout ce qu’on encense,
Et même, à trois fois rien, trouver de la beauté.
L’écureuil sur la branche grignotait des noisettes,
La mésange frileuse rêvait d’un nid soyeux,
Les arbres protégeaient leurs frêles silhouettes
En les enveloppant dans un manteau neigeux.
Le vent* se complaisait à me donner la bise*,
La brume cachottière dissimulait l’étang,
Poussière argentée où les corps qui s’enlisent
On peur de perdre pied en devenant amants.
La peinture vivante devient nature morte,
Mais le peintre ravive les couleurs du Printemps,
La nouvelle saison est déjà à nos portes
Car les fleurs des crocus sont d’un jaune éclatant.
Quand j’ai levé les yeux, le ciel était plus clair,
Les nuages brodaient de blanches auréoles,
Le soleil bien trop pâle devenait si radieux,
Qu’il redonnait aux fleurs leurs plus belles corolles.
J’avais dessous mes doigts l’esquisse de ton âme,
A peine versifié sur du papier vélin
Vierge comme la neige sur la peau d’une femme
Sans crainte qu’un baiser froisse le parchemin.
Claude écrit le 6 Mars 2022
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