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Mes poèmes - Moi

 

Ici-bas ( Deuxième partie )

le jeudi 13 avril 2023, à 22:16. Posté par Claude


    Ici-bas ( Deuxième partie )


    Ici-bas la colère installe des vagues ivres,
    Sur la mer qui étale ses écumes de givre,
    Entre le pied des vignes, le vin ne pousse plus,
    Et mon regard souligne les beuveries perdues.

    Ici-bas les lagons sont sans miséricorde,
    Sur un fond d’horizon, on voit pleuvoir des cordes,
    Des cordes laconiques qui cherchent des pendus,
    Pour faire des reliques, souvent à leur insu.

    Ici-bas ton empreinte fossilise l’argile,
    Ton pauvre corps se couvre d’étoiles inutiles,
    Des silhouettes fuient le long des palissades…
    Ils sont tous en sursis, tes petits camarades.

    Les voleurs de nos âmes ont tous pris le maquis,
    Tout cela me désarme …j’ai la fleur au fusil,
    Les goujats qui gouvernent signent des armistices,
    Dont les drapeaux en berne deviennent les complices.

    Je fouille dans ma mémoire trop archéologique,
    C’est tout un tas d’histoires aux relents archaïques,
    Des pins au bord de l’eau, une carte postale,
    Des trous dans un roseau pour un fond musical.

    Le clapotis des barques sur des fresques marines
    Et Voulzy qui débarque sans son Cœur grenadine,
    Le magma des volcans qui fume leurs mégots,
    Les cendres de Ferré pour attiser les mots.

    Ici-bas les affiches se fichent de ton monde,
    Celui qui gagne triche et le fric surabonde,
    C’est plein de bagues en or aux doigts des illusions,
    C’est rempli de trésors sans civilisation.

    Ici-bas l’arbre mort défie le paysage,
    Les pistils se déflorent dans des prairies volages,
    La couleur de la peau n’a plus d’identité,
    Et le coquelicot saigne toute l’année.

    Ici-bas les tranchées labourent toutes les guerres,
    Pour que puisse y germer une paix éphémère,
    Les barreaux des prisons sont cordes de guitare,
    Avec des sanglots longs sur des rythmes barbares.

    Ici-bas tu t’endors, la tête sur mon épaule,
    Sans chercher un rapport, mes deux mains te cajolent,
    Alors tu t’abandonnes et tu te laisses aller,
    Et moi je te braconne juste avec des baisers.


    Claude
    écrit le 13 Avril 2023

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