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Pour conjurer la Mort?

le dimanche 07 mai 2023, à 15:21. Posté par Avenance


    Pour conjurer la Mort ?

    …..Nous ne sommes pas des Dieux et l’Immortalité ne nous fut pas octroyée. La Mort difforme qui décompose, forme l’Horizon noir de l’Existence. Comment vivre dans l’Entrelacs fatal de la Vie et de la Mort, dans cet Embrassement natal ? Par quoi le conjurer ? Comment connaître ce qui transcende et la Pensée et la Raison et toute Connaissance ? Comment éradiquer la Peur ?
    Il ne sera pas plus terrible, sans Doute, me disais-je souvent, de séjourner aux Cryptes immobiles et obscures de la Mort, de se dissoudre dans le Néant, que ce que nous fûmes avant de naître. L’Après-Vie rejoindrait donc, en son Essence, l’Ante-Natal. Nous serons, peut-être, ce que nous fûmes aux deux Extrêmes d’Existence,des Ombres paisibles dans l’Attente, d’impénétrables Enigmes dans l’éternel Oubli…
    On prétend même que certains Peuples se lamentaient à la Naissance des Enfants et se réjouissaient au dernier Souffle des Agonisants ! Sagesse, Folie, Fiction, Consolation, Illusion ?
    Dans la Solitude du Coeur défunt à jamais refermé, naissent, peut-être, d’impérissables Fleurs aux étranges Parfums mais nous n’en saurons rien, naissent, peut-être, de sublimes Poèmes d’Amour et de Tendresse que la Vie refusa mais nous ne les entendons pas. Les Evoûtements de la Fiction et les Sorcelleries de l’Imaginaire composent les divers Récits mortuaires de l’Au-Delà. Nous cherchons des Appuis, des Attaches quand tout se délie et se démembre dans l’Inconnaissable, pour surseoir au Vertige du Néant, à la Disparition : une vaine Conjuration du Deuil par la Parole et les Signes d’Ecriture, une vaine Réparation de l’Absence ?
    Je parle d’après l’Absence mal conjurée, d’après la Ruine, le Deuil de l’Amour et du Savoir, d’après la Dispersion du Sens, d’après les Epoques passées et centrées de l’Être, j’écris depuis les Désenvoûtements, les Attaches rompues, depuis la Brisure des Tables et la Béance d’Univers et du Coeur, depuis les Conjectures mal assurées sur le Futur, depuis le Décentrement du Monde et la Perte du Point d’Equilibre, depuis les Hiérarchies perdues et les Hégémonies brisées, depuis l’Irréparable, depuis la Destruction des Civilisations, depuis leurs Traces enchevêtrées et leur Effacement inéluctable, j’écris depuis un Monde et une Humanité inintelligibles en leur Tréfonds, j’écris depuis le Mystère, depuis les Origines et les Fins ultimes, cachées à jamais, j’écris depuis l’Epars et la Remédiation chancelante des Signes, depuis la Faille et la Fissure du Tout et des Parties, depuis la Déchéance de la Confiance dans le Monde et dans Soi-Même, j’écris depuis l’Errance en Vérité et la Fragmentation des Vies et les divers Masques d’Autrui, depuis la Fragilité natale, maladive des Corps, depuis toute Chair en Sursis, depuis les Silhouettes cadavériques qui se frôlent et se croisent, depuis leurs Cris et leur Mutisme, j’écris depuis la Résistance des Choses à nos Désirs et à notre Volonté, j’écris, je parle, d’après l’Eloignement…..

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