|

La poésie est morte
La poésie est morte, bel et bien enterrée,
Rongées par tous ces vers qui grouillent autour d’elle,
La poésie n’est plus qu’un visage fardé
Qui pourtant se croyait féconde et immortelle.
La poésie est morte d’être trop crucifiée,
Alors, pardonnez-lui de ne pouvoir revivre,
Comme Dieu l’a conçue, comme Jésus l’a fait…
Il n’y a que la Bible qui puisse lui survivre.
La poésie est morte et j’en ai fait mon deuil,
Le monde d’aujourd’hui préfère autre chose,
Et pourtant j’y ai vu, peintes sur son linceul
Les stigmates anoblis des pétales de roses.
La poésie est morte, on a creusé sa tombe
A force de vouloir lui rendre les honneurs,
Tout ça était prédit, car ça faisait des plombes
Qu’il y avait pour elle, moins en moins de lecteurs.
La poésie est morte, mais qui l’a achevée ?
Cela peut être moi qui ne l’ai pas comprise,
Et avec mes propos l’ai souvent détournée
De la beauté des mots qu’elle m’avait apprise.
La poésie est morte, sa pauvre fin de vie
N’a pas fait de débat, même au Parlement,
Le RN, LA Nupes , même les Insoumis,
S’en battent bien les couilles de ses vers si luisants.
La poésie est morte, personne ne viendra
Se recueillir pour elle devant la grande dalle,
Aucun près de la stèle ne lui déposera
Ce bouquet de bleuets digne des ‘’ Fleurs du mal.’’
La poésie est morte, et sans cérémonie,
On a même pas vu l’ombre de Roc Eclerc,
La poésie est morte, sans faire de chichi,
De peur d’être soulée par une mise en bière.
La poésie est morte, seul monsieur le curé
En son hommage a fait une belle prière,
Puis en citant Hugo et Louise Labé*,
Il l’a accompagnée jusqu’à son cimetière.
Claude
écrit le 13 mai 2023
* Louise Labé (1524-1566)
Grande poétesse de la Renaissance
|