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Ici-bas (troisième partie)
Ici-bas je défriche la terre sédentaire,
Tout le long des corniches privées de golfes clairs,
Dans le ruissellement, j’entends gémir les pierres
Brisées par des torrents que l’on prive de mers.
Le temps se débarrasse du tic tac permanent
Des réveils dont l’audace persécute les heures,
Le temps est un passeur qui plus ou moins nous leurre,
Car en face de lui, nous sommes des migrants.
Le Printemps dégouline de sèves odorantes,
Dansons la capucine puisqu’elle est florissante,
Réveillons le coucou… c’est l’horloge parlante
Qui sorti de son trou en un rien nous enchante.
Ici-bas les chemins sont exempts de voyages,
Et les cigales crissent dans l’humus de l’été,
Les oiseaux infidèles ont quitté les bocages,
Pour battre la campagne avec des Martinets.
On marchande la vie sur la petite place,
L’église ne sert plus qu’à planter son décor,
Le vieux coq à chanté…il subit les menaces
De quelques abrutis qui souhaitent sa mort.
L’image des collines adoucit la nature
Un peu comme des seins harmonieux et galbés,
La grandeur se résume en une miniature,
Qui comme une montagne se passe de sommet.
Ici-bas la pudeur vouvoie la vigne vierge,
L’eau de la bouche meurt sur la cime des vagues,
Pendant que dans ma tête quelques idées gambergent…
Il faut bien pour survivre que mon esprit divague.
L’étrange séduction est devenue tabou,
Et la source des mots n’a plus de résurgence,
Le rois mis en échec va s’en remettre au fou
Même le jeu de dames va prôner l’abstinence.
On voit pousser des ronces sur le bord des fenêtres,
La lumière s’excuse de fermer les volets,
Il se peut que la mort s’évertue à renaître
Dans ce ‘’ Paradis blanc’’ où il n’a pas neigé.
Claude
écrit le 15 mai 2023
https://www.youtube.com/watch?v=4b3oHMgaDHA
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