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Je traversais la rue…
Je traversais la rue en piétinant l’asphalte
Qui avait goudronné les champs trop cultivés,
Dessous cet enrobé, la terre semblait intacte,
Pourtant aucune fleur n’arrivait à pousser.
Je marchais dans la ville avide de béton,
De parkings surchargés jusqu’au cœur des ruelles,
En comptant les bougies tuées par les néons,
Près d’un périphérique privé de citadelles.
Je voulais retrouver le Christ et son calvaire
Sur le Mont Golgotha où il fût crucifié,
Mais la cité n’offrait que quelques lampadaires
Sur ce pauvre chemin jadis enluminé.
Je regardais les filles qui tapinent leur vie,
La pluie sur les trottoirs pour essuyer leurs traces,
Je regardais leurs jambes, longues à l’infini
Et qui allaient monter dans un hôtel de passe.
J’humectais le parfum des odeurs sensorielles,
La sueur du Zéphyr dans le creux de tes reins,
Le pistil de ton sexe avec son goût de miel
Et le galbe brodé qui échancre tes seins.
Je n’osais pas ouvrir les volets des fenêtres,
Le jour qui se levait me faisait mal aux yeux,
J’espérai que la mort puisse faire renaître
L’iris bleu de ce ciel qui manquait à mes yeux.
Bien sûr il me fallait courtiser le silence,
Pour survivre à ces mots si proches des non-dits,
Bien sûr je m’habituais à mes incohérences,
Lorsque je me demandais : ‘’ d’où je viens ? qui je suis ?’’
Je marchais dans la ville aux attraits dérisoires,
Cette mégalopole déjà sur le déclin,
Je marchais dans la ville, cloitrée et sans espoir,
Privée de Compostelle et de son beau chemin.
Je traversais la rue qui jadis fût rebelle
Avec tous ses pavés jetés comm’ des slogans,
C’était Mai 68, la vie devenait belle,
Le monde allait changer…mais pour combien de temps ?
Claude
Ecrit le 13 Juin 2023
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