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Quel étrange mystère
qu’étant ici,
vous souhaitiez être là
et qu’étant là, vous rêviez de l’ici, qui n’est plus là,
pour finalement n’être jamais ici et toujours que là,
là-bas, si loin, que même votre mouvement,
dans sa direction, vous en éloigne.
Ici n’est qu’un ailleurs
tandis que là parait si présent,
que vous vous y prélasser.
Pourtant, les sages le savent,
il n’y a d’autre lieu que celui que tu occupes
et les très sages ont même résolu de ne pas changer de lieu :
plus de bottes (de 7 lieux), plus de tension, plus de rêves vains non plus.
Mais les sages sont si sages, qu’il en ont oublié l’Amour,
qui fait désirer l’être cher, sa proximité, son odeur, sa chaleur, sa chair.
A quoi bon la sagesse
sans la douceur d’un baiser ?
A quoi bon la sagesse
sans cet ailleurs du désir ?
Quel étrange mystère
que parmi la multitude
vous n’éprouviez que la solitude,
qu’étant noyé dans la foule
ou juste avec quelques uns,
des amis même,
vous sentiez le poids de la solitude
juste parce que l’autre vous manque,
que parmi tout ces autres, l’autre ne s’y trouve pas.
Pourtant les sages le savent,
l’autre - y compris le tout Autre - est en toi.
tu n’es jamais seul puisqu’Il est toujours là :
finis le manque de Toi, plus de solitude, plus d’attente illusoire.
Mais les sages sont si sages, qu’ils en ont oublié l’Amour,
qui aspire à l’autre, sa main que tu tiens, ses bras qui t’enlacent, ce corps qui reconnais ton corps.
A quoi bon la sagesse
sans la chaleur de ta présence?
A quoi bon la sagesse
sans cet être cher entre tous ?
Quel étrange mystère
que les humains aient tous inventé des dieux
pour les protéger quand leur intelligence,
seule, le leur donna avec certitude
et que travaillant dur ici bas
ils aient travaillé non moins dur à flatter leur Dieu.
Pourtant les sages le savent
« aides toi, le ciel t’aidera »
la prière n’est qu’un baume sur les peurs
ce qui nous sauve, c’est le labeur
Mais les sages sont si sages, qu’is en ont oublié l’Energie,
qui anime l’univers, celle qui nous anime et nous donne l’envie d’être.
A quoi bon la sagesse,
sans cette nourriture spirituelle ?
A quoi bon la sagesse,
sans lire les signes du destin ?
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