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J’ai renié
J’ai renié le soleil dont les ombres se perdent,
J’ai offert des mouchoirs aux larmes de la pluie,
Recueilli quelques fleurs parmi le blé en herbe
Qui malgré la chaleur n’aura jamais mûri.
J’ai renié le silence au seuil des portes closes,
Cloué le Paradis dans un boucan d’Enfer,
Détroussé les pétales des aguichantes roses
Pour faire avec elles l’école buissonnière.
J’ai renié mon enfance et ses trésors fragiles,
Tout en laissant aux flots leurs îles de beauté,
Aux cloches des églises, leurs frêles campaniles,
A tous les sacs de billes, le temps d’une récré.
J’ai renié les pardons qu’on invoque aux prières,
Toutes les dédicaces des livres contrefaits,
Et cette décadence des rimes éphémères
Qui cherchent dans la vie à tout poétiser.
J’ai renié tous ces mots que l’on prend à la lettre,
Les regrets qu’on emporte sans aucun avenir,
Les rêves conquérants qui ne vont pas renaître,
Le présent que l’on tue avec des souvenirs.
J’ai renié ce langage que chacun apprivoise
Pour que soient mis en cage les airs de liberté,
Derrière le travers, l’ambiguïté des phrases
Où les belles paroles cachent la vérité.
J’ai renié l’Univers et son commencement,
Ses atomes crochus et son Big bang pervers,
Le défi de vos rires perclus de tremblements,
Vos pas qui dans l’espace s’éloignent de la Terre.
J’ai renié le bon Dieu et sa miséricorde
L’autel, la sacristie et les enfants de chœur,
Je rêve que Jésus sur la croix se saborde
Pour nous avoir fait croire à un monde meilleur.
Claude écrit le 3 Novembre 2023
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