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Partir…..Ma traversée du désert
J’ai rêvé cette nuit, mais étais-ce un rêve,
Je traversais ma vie tel un désert brûlant,
Nomade égaré aux boussoles du temps,
Anachorète libre dans son isolement,
Attendant seulement que le vent le soulève.
Qu’ étais-je venu faire en ces terres arides
Où seuls quelques mirages osent désaltérer
L’ocre des grains de sable, uniques chapelets
De ce pèlerinage où mes pas s’enlisaient
Sur cette mer de dunes que des pierres lapident.
Je cherchais vainement les invisibles traces
Laissées par l’ Atlantide et son monde perdu,
J’avais pour horizon jusque à perte de vue
Au fond d’un océan aujourd’hui disparu,
Des étoiles filantes capturées dans sa nasse.
Oubliant la chaleur, les tempêtes de sable,
Le soleil arrogant, ses illusions d’ardeur,
Moi, simple mendiant devenu maraudeur,
Je volais ces instants, détroussant leur splendeur…
Dedans mon écuelle, le temps posait ses fables.
Parfois dans la langueur du même paysage,
Un îlot de verdure m’apparaissait enfin,
Une Rose des sables s’ouvrait dans mon jardin,
J’allais pour la cueillir…quand je posais la main,
J’ai bien vu que la fleur poussait sur un mirage.
Le souffle du Simoun brisait mon éventail,
Je marchais sur mon ombre tamisée de poussière,
Transgressant l’illusion des reflets de lumière,
J’espérais que la nuit soit plus hospitalière
En m’offrant la quiétude d’un caravansérail.
Quand à la fin du jour, j’ai fini par trouver
La frêle oasis, luxuriante verdure,
Je me suis mis en quête d’un peu de nourriture,
Quelques dattes, des fruits et un filet d’eau pure
Pour abreuver mes lèvres si longtemps asséchées.
Je me sentais vraiment nomade du silence
A l’écart de ce monde aux sinistres ruelles,
Je méditais, penché au bord de la margelle,
Trempant dans l’eau d’un puits le creux de mon écuelle,
…c’est alors que j’ai eu un éclat d’espérance.
Mon cœur se lamentait de ces chants Byzantins,
J’attendais, impatient, la voix de Sherazade,
Mais l’écho prisonnier des lointaines aubades
Ne portait que le voile de toutes ses brimades…
J’en ai mouillé le sable assoiffé de chagrin.
Je l’imaginais nue sous une étoffe fine,
Juste un collier de perles, une ceinture d’or,
Le corps tel une fleur demandant à éclore
Dans le creux de mes bras jusqu’au feu de l’aurore
…les rêves vont plus loin qu’on ne les imagine.
Seul l’invisible espoir au creux des palmeraies
Dansait son arabesque sous un croissant de Lune.
Sherazade cachait sa chevelure brune,
Son bonheur enfoui sous la tombe des dunes
Dans des draps de jasmin qui l’avaient embaumée.
’’ Il y a dans nos nuits, un espace, une trêve,
Où l’amour resurgit par le mystère des rêves. ‘’
Claude
( ancien poème de 2009 )
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