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Le funambule
Ses chaussons de vertige tracent le fil d’acier
Où ses pas hésitants cherchent un équilibre,
Ses bras déploient leurs ailes, fragile balancier
Au dessus de nos têtes dans un espace libre.
Danseur pour les étoiles, gracieuse ballerine,
Le corps de son ballet nous mime le sursis,
Tout pourrait basculer quand sa perche s’incline
Pour rattraper les balles jonglant avec sa vie.
Au milieu de la foule, le silence superbe
Laisse échapper parfois un ou deux cris d’effroi,
Le vent retient son souffle, pas une tige d’herbe
N’oserait osciller car tout est en émoi.
La Lune en son quartier lui sert de luminaire,
Le guide pas à pas, de sa lampe frontale,
Une simple lueur pale mais salutaire
Pouvant lui éviter une chute fatale.
La lumière le soude tel un arc électrique
Aux flèches du filin, soupçonnable passeur,
Puisque chaque seconde peut-être fatidique
A cette plume d’ange cherchant la pesanteur.
L’ultime contorsion fait que son corps se cabre
Pour prolonger la vie dans son cheminement,
Un défi à la mort qui de sa faux macabre
Voudrait bien certains soirs couper le fil du temps.
Enfantée des comètes, sa lointaine trainée
Dépose dans la nuit la ligne d’une ride,
Laissant sur mon visage son ombre trépasser
Et tant de souvenirs se jeter dans le vide.
Claude
ancien poème de 2008
Ecrit après avoir assisté un soir, sur la place d’un village
à une traversée (par un funambule) du sommet du clocher
d’une église, au haut du pilier d’un pont.
https://www.youtube.com/watch?v=Zb8jlKVO5TU
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