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Le Grand Départ P4/9

le jeudi 28 mars 2024, à 09:08. Posté par Imparfait (Patricia


(Photo Pixabay)


Le Grand Voyage


Le chemin de la vie à la mort (P4/9)


Comme pousse l’instinct d’un délire sauvage,
Ils franchiront les caps, les mers, les océans ;
N’écoutant que leur cœur ils défieront les vents
Pour venir se poser après un long voyage.

Celui qui ne peut pas suivre la colonie,
Trop faible ou bien trop lent pour voler aussi loin,
Sera mis à l’écart, oublié dans un coin,
Comme un handicapé dérange une harmonie.

Et d’autres nageront au-delà des frontières,
Pour attaquer les flots d’un torrent infernal,
Mais leur acharnement à trouver le canal
Les mènera toujours dans des eaux familières.

A vouloir tout donner pour gagner une place,
Les plus jeunes seront les premiers à mourir,
Et c’est du ventre ouvert que leur chair va pourrir
Parmi les détritus ignorant leur audace.

Puisqu’ils sont des Seigneurs, des Princes éphémères,
Les poissons reviendront vers l’îlot déserté
Pour revoir des oiseaux -ivres de liberté-
Y caresser les lacs, les fjords et les rivières.


(Droits d’auteur réservés)

Patricia (Imparfaitlibre)

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le jeudi 28 mars 2024, à 10:15
Hello Patricia !
A chaque nouvelle "étape" poétique de ce chemin de la vie à la mort, tu nous donnes l'occasion de nous interroger.
Comment ne pas penser, non pas à des oiseaux migrateurs comme ici (il y a une parabole, c'est comme ça que je le vois) mais à ces humains qui font aussi le grand voyage, en quête d'un Eldorado qui n'est hélas qu'un faux-semblant !
Les plus faibles y laissent la vie.
Quand ce n'est pas toute la communauté qui va mourir dans les flots indifférents.
La nature a ses règles, et l'Humain la copie, mais différemment, maladroitement et pour d'autres raison.
Quoiqu'il en soit, il y a bien sûr de la force dans le "récit" de ce voyage que tu décris;
Une fois de plus, dans cette leçon de vie...et de mort, nous la ressentons mieux qu'un cours savant de philosophie, sur les bancs d'une Sorbonne.
Et puis, pour prendre l'exemple des échanges sur ta série poétique des "Chemins..." mais aussi des autres poèmes, que de lignes écrivons-nous les uns les autres.
Et là, c'est toute la richesse et la magie de nos échanges.
(mais je voudrais bien sûr préciser que ce n'est pas la longueur des com' qui importent (suivez certains regards ! (Sourires)
Tous les commentaires ont quelque chose à dire. Et c'est tant mieux !
Belle journée à toi Patricia
Gros bisous

Susan*Coquelicot* le jeudi 28 mars 2024, à 13:34
Bonjour Patricia,
Je pense que tu compares les oiseaux migrateurs aux pauvres migrants qui quittent leurs pays en espérant un monde meilleur mais qui finalement n’arriveront jamais dans le « pays de rêve » et dont les barques s’échouent en pleine mer !
La fin est cruelle sauf si je n’ai pas compris !
Il semblerait que les corps des enfants, des humains ont pourri dans la mer et qu’ils sont mangés par les poissons, les oiseaux ..
Ce n’est pas joyeux !
Le titre et le sous-titre en disent long :
« Le Grand voyage -Le chemin de la vie à la mort »
Belle fin de journée Patricia ..
A Paris le ciel est bleu, mais il y a beaucoup de vent !
Gros bisous

mariepaule le jeudi 28 mars 2024, à 14:43
Coucou Patricia,

L'exode dans le siècle passé d'êtres humains fuyant leur pays "comme les Italiens, Espagnols, Portugais" pour venir en France afin de pouvoir vivre sans survivre.

Pour certains la mort était la fin de leur rêve...

La comparaison avec les oiseaux je l'aime beaucoup.;;

En lisant ton poème c'est à cela que j'ai pensé car des souvenirs de quand je devais avoir moins de 10 ans, des immigrés sont arrivés à Dunkerque et ceux qui savaient parler un peu le français nous racontaient tes vers....

Les mots que tu emploies sont prenants et l'on peut imaginer le calvaire de ces familles qui sur la route perdaient un membres de leur famille;;;

Gros bisous Patricia.


Rachelle le jeudi 28 mars 2024, à 17:50
Patricia, j’aime beaucoup ton poème, oui comme les amis le disent, les oiseaux migrateurs, sont des gens qui immigrent chez nous, pour trouver un sanctuaire chez nous, et c’est très bien écrit, gros bisous d’amitiés de rachelle, ton amie poétesse Rachelle très féminine avec grand plaisir, www mes poemes.net funky571

vertflo le vendredi 29 mars 2024, à 00:32
Bonsoir Patricia

Ce qu'il y a de merveilleux avec la poésie, c'est qu'elle permet à chacun de nous, après la lecture d'un poème, d'avoir sa vision personnelle de ce que l'auteur a voulu nous faire ressentir grace à ses mots.
Bien sûr, la belle image de flamands roses ( pas d'éléphants roses ) se prête à nous parler d'un voyage qui peut être à la fois long et douloureux pour certains et moi j'ai fait une relation avec les déportés, ceux qui sont partis dans les trains, vers la mort et qui ne savaient pas tous quand ils montaient dans les convois, où ils allaient et ce qu'ils allaient devenir.
Combien ont plus que souffert et sont morts aussi après ce départ.
Un voyage peut être à la fois un signe de liberté, d'ouverture, de dépaysement, mais ils peut-être aussi non pas une ''promenade de santé '', mais un chemin vers la mort et dans le cas des déportés, une mort plus que cruelle.
Tu en est au numéro 4, donc nous arrivons presque à la moitié du voyage.
Chaque tableau est source de réflexion sur ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous deviendront.
Remarque, nous savons parfaitement ce que nous deviendrons.
Un gros tas de poussière, que l'on soit dans un cercueil ou incinéré, un simple tas de poussière qui pourrait tenir dans un sac d'aspirateur.
J'ai bien aimé ta phrase :
'' comme un handicapé dérange une harmonie ''
J'ai été très touché par cette phrase parce que j'ai une petite fille lourdement handicapée mentalement.
Pour en revenir à la migration, disons que même si physiquement certaines personnes ne ''migrent '' pas, chacun de nous ''voyage '' dans sa tête.
Les voyages que nous faisons dans nos têtes sont certainement plus nombreux que ceux que nous avons pu faire sur terre par obligation vitale ou par tourisme.
Voilà
Sur ce je vais dans mon petit studio d'enregistrement travailler une chanson qui me tient à cœur à la guitare et je vais me coucher ensuite après l'enregistrement.

Je te souhaite une bonne nuit
Claude

plumeflore le vendredi 29 mars 2024, à 01:42
Bonsoir Patricia c'est vrai la nature même si elle est toujours belle elle est souvent d'une cruauté incroyable, vous contez cela magnifiquement le parallèle avec les humains est remarquable, chaque être différent trace son propre sillon toujours différent des autres, certains ont besoin de partir d'autre pas où alors pas loin, il suffit de voir les différences de comportements entre propre frères et sœurs les étapes défilent écrit après écrit c'est du beau travail une belle harmonie entre eux!!
Bonne soirée
Marc:!

imparfaitlibre le vendredi 29 mars 2024, à 12:49
Bonjour Philip,
Merci pour ta visite et pour ce ressenti qui te vient à l'esprit après la lecture de mes mots.
Oui, la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille pour beaucoup de monde sur cette terre alors, on quitte parfois tout un pan d'une existence, on se déracine, on va voir ailleurs si l'herbe est plus verte, si les rires sont moins moqueurs, si la vie est plus douce et si les hommes sont plus reconnaissants et plus respectueux de la vie des autres sauf que, un si long voyage peut-être fatal à beaucoup, les faibles, les enfants, les malades, les « vieux » et rien ne peut présager que la suite sera meilleure, que le bonheur sera effectivement au bout de cette route mais, c'est vrai que parfois, il ne suffit pas de partir très loin pour trouver une terre d'accueil car elle est dans le cœur de ceux qui nous reçoivent.
Les oiseaux, les poissons et bien d'autres animaux comme en Afrique font ce grand voyage par nécessité, pour leur survie, pour donner naissance aux futures générations et ainsi continuer ce rituel, mais, l'être humain devrait-il se sentir obliger de quitter sa terre juste pour avoir le droit de vivre en paix ????
Le grand voyage pour où... Trop souvent pour la mort.
Merci cher Philip pour ton intérêt pour ma série.
Belle journée de vendredi à toi
Gros bisous

Bonjour Susan,
Merci pour ta visite et pour l'émotion de tes mots et surtout pour ton ressenti sur les miens qui sont ce mélange de nature sauvage et de nature humaine.
Oui, ce grand voyage est toujours une nécessité que les voyageurs soient sans bagages comme les animaux, ou qu'ils emportent toute leur existence dans un petit sac, tous espèrent trouver la bonne terre d'accueil pour y construire une nouvelle vie avec, dans le cœur, l'espoir de revenir un jour dans le pays qui les a vu naître.
Parfois la route s'arrête là, en emportant tous les espoirs, parfois elle continue avec encore d'autres souffrances mais aussi et trop rarement le bonheur au bout du chemin...
J'ai du mal à voir la vie peinte en rose et, je me dis que, cette série écrite par d'autres serait sans doute plus douce avec tous les côtés festifs qui manquent à ma poésie mais je me soigne (rire) !!!
Merci Susan pour ta gentillesse et pour cette bonne humeur qui se lit toujours à travers tes poèmes et tes messages.
Belle journée de vendredi saint à toi
Gros bisous Susan

Bonjour Marie,
Merci pour la gentillesse de tes mots et pour ton ressenti qui me touche beaucoup.
Oui, l'exode et le déplacement des populations est toujours une route qui mène parfois à la vie, parfois à la mort mais qui, pour beaucoup est mieux que de rester vivre et mourir sur place.
Tout tenter, oser, braver les dangers avec juste cette pointe d'espoir mais qui, trop souvent, fait plus la richesse des passeurs que celle des voyageurs.
Il y a des voyages qui sont nécessaires et qui font de notre nature sauvage ce qu'elle est mais tous les voyages ne mènent pas forcément sur ces vertes clairières.
Mon grand-père a quitté l'Andalousie pour fuir le régime de Franco et il s'est exilé en France, le voyage était bien plus court mais, en le faisant, il a sauvé sa vie, mais il a aussi déraciné toutes les générations qui lui ont succédé, et c'est peut-être pour ça que je pense à ces plus jeunes qui meurent.
La nature humaine est source de beaucoup de réflexion et, je pense que jamais personne ne pourra réellement comprendre le pourquoi de l'homme.
Merci Marie pour ta visite,
Belle journée de vendredi saint à toi
Grosses bises à vous deux.

Bonjour Rachelle,
Merci pour ta visite et pour la gentillesse de ton message.
Ici nous sommes sur la routes des oies et des grues sauvages et même des cigognes et, la semaine dernière, il y en avait tout une colonie de poser dans un champ près de la maison.
Oui, chacun peut voir dans ce poème ce que les mots lui inspirent, la migration, l'exode, ou la folie des hommes.
Merci encore à toi,
Belle journée chère Rachelle
Grosses bisous

Bonjour Claude,
Merci pour ta visite, pour tes messages et pour ta vision de mes écrits qui est souvent la même que la mienne mais je pense que nous avons aussi la même vision de la vie avec plus de bleus que de rose !!!
Oui, je suis bien d'accord avec toi, chacun voit, dans un mot, un poème et même une chanson ou une musique, ce que sont subconscient lui demande de voir car les mots n'ont pas toujours la même importance chez les êtres, ils sont cette différence de pensée qui fait la grandeur les échanges et l'enrichissement de la connaissance de l'autre.
Comme je le dis plus haut, dans ce long voyage, chacun y voit ce que son esprit lui demande de voir comme juste la migration des oiseaux, des saumons, et des animaux qui partent pour trouver leur nourriture ailleurs, les touristes qui cherche le plaisir ailleurs, l'exode d'un peuple face à la guerre et à la famine, l'embarquement des migrants qui espèrent que leur vie sera plus belle ailleurs ou, comme tu le soulignes si bien, un départ forcé dans des wagons plombés pour un lieu sans aucun avenir. (Je pense à la chanson Nuit et Brouillard de Jean Ferrat).
Oui, nous arrivons à la moitié de la vie mais comme je ne crois pas au bonheur éternel, il reste encore deux ou trois passages avant de redevenir cette poussière qui sera effectivement le titre de ma partie 8.
Je ne savais pas pour ta petite fille alors je comprends ton ressenti face à ce vers car, j'ai un cousin touché par un handicap et tous le monde se moquait de lui lorsqu'il était enfant et surtout personne ne voulait jamais jouer avec lui.
J'aime ta vision de « chacun voyage dans sa tête » et moi la première et je n 'ai pas besoin de « fumette » pour parfois faire « un long voyage » !! (sourire)
Je sais que la musique aide aussi à l'évasion qui nous manque cruellement alors je te souhaite de toujours trouver du bonheur à composer et à chanter.
Belle journée Claude,
Merci d'être celui que tu es.
Grosses bises ami de plume.

Bonjour Marc,
Merci pour ta visite et pour tes compliments que me touchent toujours beaucoup.
C'est vrai que la vie est souvent ce mélange de bon et de moins bon qui fait de l'homme ce qu'il est ou ce qu'il deviendra dans le futur.
Le jour du grand départ, chacun suit une route souvent très différente malgré l'éducation familiale
qui semblerait être la même pour des frères et sœurs (je dis semblerait car j'ai de gros doutes sur « la même »!)
Oui chacun suit le sillon qui le pousse ou pas vers un chemin, celui au bout duquel il espère trouver le bonheur ou juste pour s'éloigner de ce qui est néfaste pour lui.
J'ai une famille éclatée avec des petits bouts partout en France, mais aussi en Italie et en Espagne.
Comme le dit Claude, ce voyage peut aussi être intérieur afin de se débarrasser à tout jamais des « monstres » de l'enfance.
J'envie tous ceux qui n'ont jamais éprouvé le besoin d'aller ailleurs et qui reste toute leur vie attachés à la terre de leur ancêtres.
Merci Marc pour l'intérêt que tu portes à mes écrits.
Belle journée à vous deux.
Amitiés Marc

lucille le samedi 06 avril 2024, à 01:17
Bonjour Patricia,
C’est vrai ce que tu écris, c’est la loi de la vie. Les plus forts s’en sortent mieux que les plus faibles, dans la nature. Là où l’homme n’intervient pas. Mais quand aujourd’hui je vois, par exemple, qu’on sauve la vie de bébés nés prématurément de plus en plus jeune, grâce à la science, et qu’ils ont des séquelles à l’âge adulte, je me demande si cette loi est toujours valide. Ce n’est nullement un jugement, c’est juste qu’on a perdu cet instinct de survie au profit de la science… Merci pour cette réflexion et pour la lecture des commentaires, toujours intéressants, de chacun
@mitiés à toi

imparfaitlibre le samedi 06 avril 2024, à 13:12
Bonjour Lucille,
Merci pour ta chaleureuse visite qui me touche beaucoup et pour le temps que tu passes à venir me lire à me commenter.
Comme je suis d'accord avec toi, au nom de la science et du progrès on détruit tellement de belles choses naturelles à côté, on fabrique, on mélange, on joue les apprentis sorciers et on finit par fabriquer une société dont le seul mot d'ordre est "pouvoir et argent" mais que son devenus nos valeurs, celles du partage de l'entraide de la bienveillance de la solidarité et surtout du respect de chacun vis à vis de l'autre mais aussi vis à vis de cette nature nécessaire à notre survie.
Demain, le progrès nous détruira.
Merci encore Lucille pour tes mots et dans l'attente de te lire, je te souhaite un doux week-end là-bas dans ton Canada adoré.
Bises à toi et amitiés à ta famille

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