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Les nuages
Je carde de mes yeux la laine des nuages,
Echeveaux dispersés dans un ciel vaporeux,
Simples brins de douceur devenant monstrueux,
Les courants ascendants déforment leur visage.
Le soleil au couchant décline ses ardeurs,
Pigmente de ses cils leurs traînes déchirantes
Suppléant à ma vue tant de couleurs absentes
Qui voudraient s’immiscer au creux de leur pâleur.
J’ai beau suivre le cours de leur extravagance,
Je ne sais pas pourquoi ils vont se déchirer
Et répandre les larmes qu’ils ont tant su cacher
Comme pour retenir les chagrins de l’enfance.
Certains soirs en été, un éclair les fissure,
Ils changent brusquement de couleur et d’aspect,
Se mêlent au tonnerre pour mieux nous effrayer
Car leur spectre difforme décolore l’azur.
Les herbes des chemins sentent venir l’orage,
La terre n’attend plus que leur fertilité,
Quelques gouttes de pluie commencent à tomber
Précipitant ainsi la fin de leur voyage.
Suspendus dans les airs, ballotés par le vent,
Ils semblent tournoyer tel un vol d’hirondelles,
Moi, je les imagine au bout d’une ficelle
Retenus par mes doigts comme des cerfs-volants.
La nuit nous les reprend, le jour nous les remmène,
Ils passent lentement au dessus de nos toits
Et leurs mèches rebelles laissent à claire voie
Entrevoir leur clarté à travers les persiennes.
Quand je les vois charger de lourdes grappes mûres
C’est qu’ils vont vendanger dans l’arrière saison,
De pays en pays, écumant à foison
Le ciel et l’horizon que leur flot transfigure.
Claude écrit le 28 Juin 2008
https://www.youtube.com/watch?v=1-Au_oI3iBM
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