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A la lisière de la folie
Dans mes yeux un chemin se fraye un horizon,
Un soupçon de nausée vaporise mes cils,
Le Soleil a atteint son âge de raison
Pour brûler mes idées à son feu inutile.
Le jour a décousu ses heures d’oriflammes,
La nuit s’en va broder ses étoiles filantes,
Un piano s’ingénue à remonter ses gammes
Et la mer vaguement m’offre ses déferlantes.
Des bouquets de folie internent mon espace,
J’écarte les barreaux pour libérer mon cœur,
J’écris sur le miroir qui joue à pile ou face,
En lettres de buée : ‘’ je sais pourquoi je meurs.’’
Mes fantasmes s’accouplent au bord de l’infini
Pour voir ce précipice d’où se jette l’enfance,
J’ai peur et pour m’aider à éclairer mes nuits,
J’allume en priant des bougies d’espérance.
Les nuages ont semé leurs larmes saisonnières,
L’arc en ciel aquarelle ses icônes d’extase,
J’emprunte ses couleurs pour farder mes paupières
Comme d’autres mettraient la beauté dans un vase.
Il se peut que ce soir j’étouffe mes sanglots,
Pareil à ce pantin dont les liens sont si frêles
Et que je m’agenouille sur le parvis des mots
Pour me laisser conter ma vie qu’on écartèle.
Claude
Poème écrit en 2010
Illustration musicale : Maxime Leforestier :
''Quitter ce monde heureux''
https://www.youtube.com/watch?v=V2iBE1vkRT0
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