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Pensées de nuit
L'océan est un encrier qui me permet d’écrire les mots en bleu.
Les herbes folles s’inclinent sous le vent de la sagesse.
Mes mains sont faites pour caresser ton absence.
L’aube d’un nouveau jour est déjà dans l’enluminure
du crépuscule.
Le temps n’est qu’une incertitude.
Nous attendons tous Godot.
Les morts pensent à nous. Ne l’oublions pas.
Certains jardins sont des prisons pour les fleurs et pourtant
ces fleurs cherchent toujours à libérer leur parfum.
Les hommes n’habitent pas des pays.
Ils habitent des frontières et ces limites sont les lignes carcérales
de leur vie.
Chacun de nous a ses propres cellules dont il est le prisonnier.
Quand on cueille une fleur, on décapite le soleil.
Le mensonge laisse toujours découvrir une part de vérité
car la vérité se nourrit sournoisement du mensonge.
Un simple petit lopin de terre suffit pour faire pousser
un grand amour.
Je ne jouis qu’au travers de l’érection d’un baiser.
Je ne suis rassuré que lorsque je parle à l’invisible.
La naissance est une porte que l’on ouvre par hasard
et la mort, un volet que l’on ferme définitivement sans
imprévu.
Le temps défigure les visages.
L’homme défigure les paysages.
La mousse est la nappe des sous-bois.
Elle ouvre mon appétit de vivre.
La mémoire flanche quand elle n’a plus de stratégie.
Comme la pierre est extraite d’une carrière, la foi peut
être extraite d’une prière.
Le vitrail d’une église est la seule issue pour aller vers Dieu.
Les bénitiers des églises ne sont jamais profonds.
Même Dieu y a pied.
Le silence fond dans un flocon de neige qui tombe.
J’aime les boîtes à musique.
Quand on les met en marche, c’est comme si des bonbons
en sortaient. Les notes sont des friandises.
Se retourner sur son passé, c’est prendre le risque de ne
plus regarder la ‘’ vie devant soi.‘’
Je suis tombé amoureux d’un livre et je lui caresse les pages
quand je veux.
S’il est une preuve que de nos jours, l’amour est mort,
c’est bien celle là :
-on ne peut plus se dire au revoir sur le quai d’une gare,
il faut le faire en bas d’un escalator, dans le hall.
Les mots qui blessent laissent d’irréversibles '' cicatrices.''
Je '' panse '', donc, je suis.
La vie est une carte où l’on ne prend pas toujours les
plus beaux chemins de randonnée.
Les araignées m’ont appris que la vie ne tient qu’à un fil.
Pour être inspiré, dans d’écriture, il faut avant tout que
l’âme expire.
L’ennui est un alibi qui nous permet de tuer le temps
sans être condamné.
Le parfum des fleurs est extrait de leur sang.
L’important, c’est d’être peu de chose.
La vraie valeur, c’est ce qui ne coûte rien.
Quand tu regardes un nuage, pense que tu vois sa courte
vie prendre forme, puis se désintégrer sous tes yeux,
comme si tu n’avais pas le temps de faire un long voyage
avec lui.
Le chant d’un oiseau peut te guérir de la misère du monde.
Il y a toujours une goutte de pluie pour te faire penser
à une larme.
Les rêves les plus beaux font les plus mauvais réveils.
C’est l’éloignement qui donne aux étoiles leur beauté.
Il faut qu’elles gardent leur distance d’avec nous.
Dans la vie, les faux départs n’empêchent pas les bonnes
arrivées.
Les marges des feuilles de cahier servent avant tout à
souligner nos fautes.
La vraie chance, c’est de ne pas naitre.
Quand on ‘’fond de plaisir ‘’, c’est que l’on est pas de glace.
Je n’aurai jamais pu vivre avec toi puisque en moi-même,
je suis déjà mort.
Claude
( écrit dans la nuit du 8 au 9 Avril 2024 pour cause d’insomnie )
Illustration musicale :
'' Le mal de vivre ''
auteur compositeur Barbara
Chanté en live par Patrick Bruel
https://www.youtube.com/watch?v=GS2eCfeJuMU
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