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Sur ses pas ! (Hommage à Martin Luther King) 2

le mercredi 17 avril 2024, à 11:57. Posté par Philip de Berg


LE POEME

C’est encor un matin où l’ouragan du jour
A surpris mon reflet dans l’oblique en souffrance
D’un rêve sans décor où la brume alentour
Qui survit à la nuit, avale mon errance.

Il me faut mesurer la marge et sa limite,
Comme un félin prudent dont le regard se fige
D’un étonnant silence attisé par la fuite
Et s’apprête à bondir au tout premier vertige.

Me voici comme lui et mon regard avale
Chacun des pas trop lourds qui brisent la Cité
En mille éclats de rage au milieu du dédale.
Je n’ai plus de colère, mon cœur l’a emportée.

Tout est comme un rebours qui n’a plus de boussole,
Et pourtant s’émancipe en retrouvant sa fièvre.
Quand la marche est sereine et que le vent s’affole,
A quoi bon s’apeurer et lire sur vos lèvres,

Ces mots sans trahison, rien qu’une flèche vive
Qui brisera d’un jet les pires certitudes
Des cerveaux orgueilleux qui désarmaient le vide
Avant d’ensevelir leurs tous derniers préludes.

Près de ton humble abri, j’entends encor ta voix,
La foule qui s’embrase, acclamant ta victoire,
Cohorte sans escale à l’heure de ton choix
Pour dévorer sans fin les fruits de la mémoire.

Dans l’oublieux matin qui n’a pas de frontière
Comme toi je suivrai l’éclatant sortilège
Où se posaient tes pas abreuvés de Lumière,
Pour ce fragile espoir qui sera ton cortège

---------------------------------

« I have a dream today.
Let freedom ring from every hill
We are free at last ! »
(J’ai fait un rêve aujourd’hui,
Que la Liberté résonne depuis chaque colline,
Nous sommes enfin libres ! »

(Discours de Martin Luther King
28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washington)

Illustration : photo Philip – Atlanta « maison de Martin Luther King » - Luther King District

Illustration musicale : Amazing Grace (Gospel)
https://www.youtube.com/watch?v=aaKf6P2nhKg

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commentaires ( 14 ) (Ajouter un commentaire)
José le mercredi 17 avril 2024, à 20:49
Un très bel hommage à cet homme qui a cru qu'il y avait une place pour l’espoir de lendemains plus lumineux, sans racisme, et qui l'a faite en militant de manière non violente, dans les limites que j'ai exposées dans mon précédent commentaire.
La photo de la maison, presque modeste, contraste avec la dimension du personnage.
Belle soirée Philip

imparfaitlibre le jeudi 18 avril 2024, à 09:38
Bonjour Philip,
Je rejoins le commentaire de José dans ses moindres détails!!!
Oui c'est un bel hommage que tu rends à ce grand nom de la liberté et du respect des droits pour son peuple mais aussi pour toutes les minorités ethniques de son pays.
Si Martin Luther King revenait aujourd'hui, il verrait que, finalement, peu de choses ont changé et que l'espoir de voir l'égalité des noirs et des blancs dans son pays reste une utopie!!!
Comme tous les grands hommes dont les idées "dérangent" mais qui réussissent par gagner en "popularité", il a fini par être assassiné à 39 ans!!!
Ton hommage est touchant et on ressent toute l'émotion que tu ressens pour cet homme "hors normes"!
Merci pour ce beau moment de partage,
Merci pour la présentation qui précède ce poème.
Merci aussi pour toutes les jolies photos
Belle journée à toi et à Susan.
Gros bisous cher Philip

mariepaule le jeudi 18 avril 2024, à 11:37
Un bel hommage pour Martin!

José a tout dit...

Om Philip

Susan*Coquelicot* le jeudi 18 avril 2024, à 14:20
Coucou Philip,
Tu as fait un très bel Hommage ..
Il y a quelques années, j'avais également écrit sur ce Grand Homme ..Dont un parc parisien où nous allons souvent porte son nom !
Nous sommes presque à la date du triste anniversaire de sa mort !
Puisque Martin Luther King a été assassiné à Memphis le 4 avril 1968 ..
Nous sommes allés sur les lieux , c'était fort en émotion !
Merci Philip pour ce bel Hommage !
Bon après-midi !
Gros bisous



Philip (Jardin de Lune) le jeudi 18 avril 2024, à 14:46
@ JOSE :
Bonjour José !
Tu pointes avec justesse, allant plus loin que les discriminations raciales, la situation des différentes "underclasses" des Etats Unis.
En effet c'est pire aujourd'hui.
J'ai vu grandir le paupérisme extrême, le "déboussolement" jusqu'à la folie et la misère, d'années en années.
Quand on traverse les Mississippi, Alabama, Arkansas, etc...l'on a froid dans le dos de lire bien souvent à l'entrée des commerces, restaurants, etc.. un "Welcome 2nd Amendment" avec le dessin d'un revolver, avec des relents de suprémacisme blanc !
Car ce 2ème amendement de la Constitution "A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed" n'a rien de bon pour les communautés afro-américaines ou latinos ou autre. Et le pauvre underclass citizen, sera prêt à en découdre et à s'endetter encore plus pour s'acheter une arme "au cas où..."
Les flics américains en donne l'exemple chaque jour !
Et ces comportement ont traversé l'Atlantique !
Amitiés José
Philip

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 18 avril 2024, à 15:03
@ IMPARFAITLIBRE
Bonjour Patricia.
Comme je l'ai écrit plus haut, je me réjouis de voir que ce qui a été retenu dans mes deux écrits, ce n'est pas le poème proprement dit, mais son contenu.
La forme poétique n'est là que pour souligner ce qui aujourd'hui - et plus qu'au quotidien - donne une image terrible de certains rapport humains qui ne vont pas dans le sens d'un "vivre ensemble" qui va devenir de plus en plus utopique.
Quand on dérange parce que l'on est trop pétri d'humanité...alors on assassine.
"Ne tuez pas la liberté ! » disait une chanson.
C’est presque fait depuis longtemps.

Pas étonnant que toi, et nous tous, nous rejoignons en tout point les commentaires de José.

Oui j’ai ressenti de l’émotion en me rendant là où vécu cet homme que j’admire.
Anecdotes :
- Près de la maison de Luther King, à Atlanta il y a son mémorial, avec sa tombe et celle de Coretta son épouse.
C’était la 3ème fois que nous allions en ce lieu.
Nous étions lors de la dernière visite, les seuls « blancs » à nous recueillir, les visiteurs étant tous afro-américains.
Les regards n’étaient pas hostiles, mais très étonnés de nous voir (comment pouvaient ils deviner que nous n’étions pas américains ? »
Je me suis approché d’un vieux couple et ai exprimé notre émotion.
Et soudain j’ai dit à la dame, en anglais : « Donnez-moi votre main ! ».
Elle a pris la mienne. Je luis ai dit « regardez, ce n’est pas la même couleur, mais dans nos veines, nos sangs ont la même couleur, et un jour, grâce à cela, vous sauverez peut-être ma vie »
Après ma méfiance et l’incrédulité du premier instant, j’ai pu lire l’émotion de ce couple, qui avait sans doute connu les années Luther King et ses combats.
Bises, Patricia.

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 18 avril 2024, à 15:06
@ SUSAN :
Oui, nous allons souvent nous promener, à Paris au parc Luther King.
Qui nous rappelle ces moments vécus.
Tu avais fait de nombreuses photos de ce dialogue que j'évoque ci-dessus à Patricia
Et sur les photos, fleurisszaient à la fin, ders sourires ! Récompense !
Bisous Susan.

imparfaitlibre le jeudi 18 avril 2024, à 19:51
coucou Philip,
ton geste envers ce couple est juste magnifique!!
Bises à toi

vertflo le jeudi 18 avril 2024, à 22:10
Bonsoir Philip
J'ai lu ton prologue précédant ce poème.
Personnellement, je l'ai trouvé nécessaire pour nous mettre dans le cadre de ces années de forte discrimination.
Je me souviens qu'à l'époque j'étais jeune étudiant mais j'étais très sensible à ce problème et même jusqu'à être presque anti américain.
Ca peut sembler idiot comme raisonnement, mais quand on est jeune, on a le sang vif et on s'emballe vite fait (parfois à juste raison quand même)
Déjà avec cette guerre au Vietnam plus le racisme, l'Amérique n'était pas du tout un rêve pour moi.
Heureusement qu'il y avait des chanteurs blancs qui dénonçaient tout

vertflo le jeudi 18 avril 2024, à 22:30
ce côté abject de l'Amérique.
Pour en revenir à ton prologue, ça m'a fait penser à du Jack Kerouac, même écriture incisive et descriptive.
On voyage dans sa tête avec ce prologue et on est ''mis en condition '' en quelque sorte car de nos jours, beaucoup de jeunes ne savent pas vraiment ce qu'était le racisme en Amérique, comme beaucoup ne savent rien non plus sur la Shoa.
Les photos aussi ont leur importance, c'est du bon boulot de reporter que tu as fait avec ce prologue.
Pour le poème, je ne regrette qu'une chose, c'est que Martin Luther King ne puisse pas le lire car il serait plus que touché par tes mots.
Il le serait aussi doublement par cette phrase superbe que tu as dit à cette dame noire au sujet de la même couleur de sang qui pourrait sauver ta vie.
Seul quelqu'un d'une grande humanité et avec un cœur aussi beau peut trouver une phrase pareille à dire, et elle résume tout sur le sens que l'on doit donner à notre prise deposition sur le sujet de la ségrégation.
Cela dit, hélas, on gagne des combats mais jamais la guerre contre le racisme ou les autres formes de haine qui sont de plus en plus véhiculées de nos jours.
Je pense que depuis la seconde guerre mondiale, nous avons vécu des années où positivement beaucoup de choses ont changé, mais depuis plusieurs années, il ya une sorte de retour en arrière sur beaucoup de sujets de société et n'ayant pas retenu les leçons de l'histoire, l'homme est encore prêt à tout pour remettre le ''bordel ' 'dans ce monde complètement déboussolé.
C'est quand même triste de voir que tous ces progrès acquis en droit humains sont à nouveau violés et bafoués et que tout est presque à recommencer.
Voilà, mais le sujet mériterait que l'on en parle plus longtemps, perso, je pense qu'il y a plus que du souci à se faire.
En tout cas, c'est grâce à des écrits comme les tiens que la poésie tient son vrai rôle.
Même si le romantisme ou autre forme poétiques ne sont pas à négliger car la poésie a besoin de se nourrir de beauté, il n'en reste que la poésie qui parle des faits de société à une très grande importance.
La poésie ne doit pas être qu'un
divertissement, c'est une arme, heureusement moins mortelle que des canons, mais c'est une arme et il faut l'utiliser comme tu le fait, avec toujours du respect et de l'objectivité.
Merci pour tes écrits et les illustrations musicales.
Bonne soirée
Bien amicalement
Claude

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 19 avril 2024, à 09:11
@ PATRICIA :
C'est juste le geste de gens comme nous, qui avons un coeur, du respect pour l'Autre.
Voici une autre anecdote, très différente, vécu aussi aux Etats-Unis.
Quelques semaines avant la première élection de Obama :
Nous étions passé devant le QG de campagne des Républicains, à Miami. Nous avons versé une petite somme pour soutenir la "campaign" d'Obama.
Quelques minutes plus tard, nous prenions de l'essence dans la banlieue de Miami. Changement de décor, le quartier était assez pauvre.
Aux pompistes - 2 afro-américains - j'expliquais notre petit geste et formions des souhaits qu'Obama soit élu !
Mais...à notre grand étonnement, ces deux pompistes "black" nous ont regardé d'un air suspicieux, presque moqueurs et dubitatifs et l'un d'eux, d'un air narquois me dit, en regardant notre voiture de location (c'était une grosse Toyota, mais pas une voiture de luxe clinquante) : "Oh, man ! It's a big car !"
Comme quoi, dans ce pays, les clivages interraciaux et même entre les "underclass" comme dit José et les gens qui vivent a peu près bien est énorme.
Ca fait partie de ces vécus qui nous donnent un aperçu des réalités sous bien des lattudes.
Bisous et bonne journée, Patricia.

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 19 avril 2024, à 12:47
@ VERTFLO
Salut Claude !
Nous avons aimé les Etat-Unis, d'abord parce qu'on y voyait toute cette "rock culture", depuis Elvis Presley, puis Woodstock, Kerouac, la West Coast et le summer of love? la Californie et la country music.
Mais l'image du désastre immense que fut le Vietnam restait présent à nos yeux.
Ce n'était pas Nixon, Bush, etc que nous aimions.
Puis depuis près de 35 ans nous avons appris à mieux voir cette Amérique. De New-York ou Chicago...jusqu'aux campagnes les plus profondes.
Et là, nous avons vu ces immenses différences !
Les citadins de New-York ou de Boston n'ont rien à voir avec les habitants de l'Arkansas, une ville comme Boise, capitale fédérale de l'Idaho, tout petit Etat rural dont la devise esr "Nos fameuses pommes de terre ! Pour te dire le contraste ! Etc...
Je continuerai la suite de mon commentaire plus tard...sortie dans Paris et sieste !
Amitiés, Claudes. A plus.

plumeflore le dimanche 21 avril 2024, à 20:46
Bonjour Philip un bel hommage, un constat malheureusement qui se répète toujours avec les humains, comment comprendre que cela ne nous serve à rien, l'homme n'apprend rien de l'homme c'est désespérant, chacun campe sur son propre nombril sans rien apprendre de l'autre, la violence est un écho à la violence, difficile de comprendre se monde où va l'humanité pourtant nous devrions tendre toujours vers du plus grand vers du plus beau, mais toujours l'homme retrouve la même ombre, avec l'avancer du monde avec les livres, intelligence de certains offerte à tous et finalement c'est toujours le même échec, vos mots m'en apprennent un peut plus sur ce sombre attentat!
je vous souhaite une belle soirée!
Marc!

Philip (Jardin de Lune) le lundi 22 avril 2024, à 08:34
@ PLUMEFLORE :
Bonjour, Marc !
"Désespéranr" ! C'est - hélas - le mot à retenir de ce constat, quotidien, de violence.
Et comme tu le dit "en écho à la violence".
Et parfois, en écho ...à rien du tout !
Nos philosophies de vie devraient nous pousser à être optimistes, puisque le Beau, le Bien, l'Amour sont ce que nous encensons dans nos poèmes.
Mais alors, ne serions-nous pas égoïstes, dans nos petits paradis, ces cocons dans lesquels nous trouvons l'apaisement ?
Et, sommes-nous assez nombreux pour faire une ronde de paix, avec de l'espoir et entonner en choeur cette vieille chanson ; "si tous les gars du monde, voulaient bien se donner la main" ?
Bonne journée, cher Marc.
Philip

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