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Ca ressemblait un peu…
Ca ressemblait un peu au Siècle des lumières
Car l’amour éclairait nos horizons mutins,
Notre philosophie n’avait pas de barrière,
Le présent n’avait pas besoin d’un lendemain.
Dans nos pensées brillaient ces images fécondes,
Des plages désertées chavirant pour une ile,
Nous avions tous les liens pour retisser le monde,
Lorsque la liberté ne tenait qu’à un fil.
On reprenait la route sans piétiner les roses,
Avec tout l’humanisme d’un simple pèlerin,
Il n’y avait jamais, pour nous de portes closes,
On mangeait le bonheur dans un morceau de pain.
Parfois on s’endormait sur des lits de bruyères,
Et d’autres nuits c’était dans des draps de satin,
Le vent qui nous poussait nous faisait changer d’air,
Une simple amitié savait tisser des liens.
Pas de jardins secrets, les nôtres étaient ouverts,
A tous les cœurs meurtris, à tous les malheureux,
En toute liberté, nous arpentions la Terre,
Avec pour seuls bagages, des pays fabuleux.
Dans un petit ruisseau, on trouvait des pépites,
Même tout l’or du monde n’était rien à côté,
Elles n’valaient pas grand-chose mais avaient le mérite
D’être une ile au trésor qu’on voulait partager.
Les roseaux des étangs qui se pliaient, dociles,
Servaient à fabriquer quelques flûtes de Pan,
Aux lèvres des bergers qui étaient fort habiles,
Elles faisaient danser les belles de ce temps.
Nous en avions fini de toutes ces galères,
Pour mettre enfin les voiles vers un autre destin,
Toujours à l’abordage d’une vie insulaire
Prête à se convertir à nos chants de marins.
Nos feux de camp brillaient de mille étincelles,
Et même les nuits noires ne portaient pas le deuil,
Les jeux que nous faisions en valaient la chandelle,
Nos poèmes non lus se passaient de recueil.
Le soleil se couchait en haut des pyramides,
Leur sommet s’élevait pour remonter le temps,
Ce temps qui pour autant ne prenait pas de rides,
Alors que nous avions déjà des cheveux blancs.
On s’approchait de Dieu sans besoin de prières,
Et les flammes des cierges dans l’ombre vacillaient,
Les vitraux enflammaient les pâles murs de pierre,
Ornés d’un crucifix pas encore rouillé.
Ca ressemblait un peu au Siècle des lumières,
Car toutes nos pensées s’illuminaient d’un rien,
Chacun trouvait sa voie sans besoin qu’on l’éclaire,
Sans qu’un faisceau de lune balaye nos chemins.
Claude
écrit le 10 mai 2023
Illustration musicale :
Nino Ferrer : Le Sud
Interprétée par Arthur Teboul de l'excellent groupe Feu chatterton
Arthur Teboul vient de faire paraitre un très bon recueil de ses poésies:
Le déversoir (Poèmes minute)
https://www.youtube.com/watch?v=c97YturTdQk
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