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Ma Provence
A portée de mes yeux, il y a des merveilles,
Des monts et des vallées aux gorges échancrées,
L’ocre d’un paysage dont les couleurs réveillent
Toutes les décoctions des plantes parfumées.
Des cimes qui dentellent le ciel bleu de Provence,
Un soleil si brûlant que son ombre le fuit,
Ici un peu de terre suffit par sa présence
A donner des récoltes prometteuses de fruits.
Des garrigues sauvages qui prennent le maquis
Pour cacher leurs trésors sur le flanc des coteaux,
Du thym, de la sarriette, tout ces bouquets garnis
Exhalant leur senteur au pied des arbrisseaux.
Des chemins rocailleux chauffés à blanc l’été
Où des chênes galants peuvent servir d’ombrelle,
L’enclave d’un torrent aux rives asséchées
Qui n’attend que la pluie pour que son lit ruisselle.
La jupe des prairies soulevée par le vent
Me laissant découvrir des trésors féeriques,
Les ailes d’un moulin décousues par le temps
Mais qui tournent toujours pour des gens nostalgiques.
Le Mistral persistant sans aucun jour de trêve,
Le berger continuant sa quête pastorale,
Les astres qui s’endorment pour protéger mes rêves
Quand les étoiles brillent avec leurs yeux d’opale.
La mer qui se blottit dans le creux des calanques,
Quelques pins parasols pour planter le décor,
Cet accent qui se pointe sur un jeu de pétanque
Pendant qu’un frêle esquif s’en va rentrer au port.
Un village, une place autour d’une fontaine,
Quelques bancs pour ouïr le souvenir des vieux,
Le patois qui revit de son histoire ancienne
Et qu’il faut écouter tant il est mélodieux.
Des allées de cyprès comme des sentinelles
Pour veiller au repos des âmes disparues.
En haut d’une colline, une simple chapelle
Comme une providence dans un monde perdu.
Les oliviers qui bruissent sous l’étrave du vent,
Les galets de la Crau sans fleuve pour parure,
La vigne qui vous jure jusqu’au dernier sarment
Que le vin perlera au bout de ses ramures.
Des grands champs de lavande embaumant les armoires,
Des déserts de poussière assoiffant les oiseaux
Et de maigres troupeaux qui demandent à boire
A la source féconde filtrée par les roseaux.
L’orage qui éclate pour irriguer le soir,
Un puits dont la fraîcheur pourrait remplir un seau,
Le bord d’une margelle où il fait bon s’asseoir
En compagnie de ceux qui peuplent le hameau.
Des genêts cultivant leur odeur entêtante
Quand l’été fertilise ses premières chaleurs
Et sur les hautes crêtes ou survivent des plantes,
Des sentiers que défrichent les pas des randonneurs.
Ici l’azur étend ses vastes solitudes
Clairsemées de forêts et de plateaux calcaires,
Ici quand les buissons prennent de l’altitude
Le monde végétal fait pousser un désert.
Cézanne ébloui par la Sainte Victoire,
Van Gogh dont l’absinthe colore le pinceau
Tout deux ont sublimés les couleurs du terroir
En mettant la Provence au cœur de leurs tableaux.
L’accent qui se promène le long de la Durance,
Se jette dans le Rhône pour mourir à Marseille,
Bécaud qui nous invite aux ‘’ Marchés de Provence ‘’,
Des livres de Giono pour mes nuits sans sommeil.
Claude
Poème datant d'Avril 2013
Illustration Musicale
Gilbert Bécaud : '' Les marchés de Provence ''
https://www.youtube.com/watch?v=PN1lIVEpELo
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