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Le ballet des étoiles
( dédié au danseur Rudolf Noureev )
Cette nuit j’ai rêvé, j’étais à l’Opéra,
On donnait un ballet avec des petits rats,
Et moi je regardais, sur la pointe des pieds
Cette première étoile qui sur scène brillait.
Ebloui, j’assistais au plus beau des galas
Que donnait Millepied *avec Pietragalla *,
Une femme énergique qui a dépoussiéré
Sans l’ombre d’un plumeau tous les corps de ballets.
J’avais pas dépensé des sommes astronomiques
Pour lorgner des souris en collants élastiques,
Et pourtant, j’étais là , vraiment émoustillé
De voir ces demoiselles un peu partout sauter.
Disons que les danseuses , étant très pointilleuses
Prenaient des positions pour le moins harmonieuses,
Pendant Casse Noisette, ce fût vraiment charmant,
Quand tout à coup le Prince arriva comme un gland.
Tiré… à quatre épingles dans un costume moulant,
Ca faisait ressortir son truc proéminent,
Les belles ballerines lui tournaient tout autour
Et tout ça excitait le fringuant troubadour.
A mes yeux, le spectacle était une merveille,
L’univers de la danse a aucun n’est pareil,
Arabesques, Ronds de jambe, Pas de deux, Entrechats,
Pour toutes ces souris, je ronronnais déjà.
A coup sur, ces étoiles étaient toutes venues
Rien que pour m’éblouir, m’en mettre plein la vue,
Faut dire que les filles lorsque leur corps se cambre,
Ce n’est pas un spectacle fait par-dessus la jambe !
Mais, là-haut dans le ciel, sous la voûte stellaire,
Les véritables étoiles étaient plus terre à terre.
‘’ Regardez disaient-elles comme sont ridicules
Ces étoiles qui dansent ou plutôt gesticulent,
C’est pas brillant- brillant, ces bandes d’allumées
Vont pas faire long feu…on peut vous l’assurer !
Nous, si on descendait, on ferait un malheur,
Pas besoin d’un tutu pour plaire au spectateur,
Il suffit de lever les yeux un peu sur nous,
Pour s’envoyer en l’air sans le moindre frou-frou.
En bas, sur votre scène, y’a pas beaucoup de place,
Nous ici, pour danser, on a beaucoup d’espace,
Gardez votre Gisèle* ou votre Mort du Cygne*,
Ou plutôt que danser, des filles se dandinent !
Avant que ne finisse ce rêve sidéral,
J’ai répondu ceci à mes amies étoiles :
‘’ Ne soyez pas jalouses, je vous admire aussi,
Sachez que j’apprécie votre chorégraphie,
Même si ce n’est pas aussi beau qu’un ballet,
Lorsque je vous regarde, là-haut, vous m’emballez !
Qui oserait vous dire que vous êtes très moches,
Qui vous préférerait à une Pina Bausch*,
Et qui proclamerait que vous feriez un fard
Si vous preniez la place de Maurice Béjart* ?
Qui donc pourrait prétendre lorsque la nuit se lève
Que votre éclat n’a pas celui de Noureev* ?
Qui vous demanderait d’atteindre sa pointure ?
Contentez vous mes belles d’embellir tout l’azur.’’
Vers six heures du matin, déjà l’aube se pointe,
J’enfile mes chaussons, les étoiles sont éteintes,
La journée qui m’attend va être bien chargée…
Je vois déjà ma femme qui me tend un balai.
Mais…
Il n’y a pas d’âge, on peut toujours danser,
Même avec des chaussons, à quatre vingt balais !
Claude
Ancien poème de 2007 retravaillé
Noms cités dans le poème :
* Benjamin Millepied ( danseur chorégraphe)
* Marie Claude Pietragalla (danseuse chorégraphe )
* Pina Bausch ( danseuse chorégraphe )
*Maurice Béjart ( danseur chorégraphe )
* Rudolph Noureev ( danseur chorégraphe )
* Gisèle et La mort du cygne ( nom donné à deux ballets connus )
Le danseur étoile Rudolf Noureev est décédé du sida le 6 Janvier 1993
à l'âge de 59 ans.
Illustration musicale :
Claude Nougaro : '' Dansez sur moi ''
https://www.youtube.com/watch?v=EtvimvzUR-c
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