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L’Homme du Huitième Jour.
…..Dieu, par le Verbe, nous dit la Bible dans la Genèse, créa et ordonna le Monde et toutes Choses en six Jours et le septième Jour, il se reposa de son Oeuvre accomplie. Nombreux et divers sont les récits de Création selon les Traditions, les Mythes fondateurs et les Cosmologies ancestrales, comme si l’Origine nous tenaillait et nous hantait au plus Profond du Coeur et des Consciences, Nous autres les Mortels, vivants et parlants. Ô Paradoxe des Récits de Genèse qui invoquent au Début quelque Matière ou quelque Être supérieur dont l’Origine elle-même n’est jamais précisée ! Ô Paradoxe du Néant et du Surgissement de la Présence !
Dès lors, depuis la Chute et l’Exil hors du Paradis, une Nuit insondable encercle l’Inerte et le Vivant dont nous n’avons Connaissance que lointaine et partielle. Le Manifesté reste caché dans son Essence-même. Mutisme. Toute Origine, toute Présence, toute Destination demeurent à la Crypte de l’Inconcevable et sont éternellement à chercher. Apophase et Silence vibrent et se taisent à la plus haute Cime du Connu, de l’Imparticipable. L’Obscurité nous enveloppe dans les Plis de son Voile à même notre Nature profonde, notre Inconsistance native...Qu’en serait-il pour l’Homme du huitième Jour ?
Parcelles d’Univers dont nous partageons la Matière et l’Histoire, Feu éternel tour à tour s’allumant, s’éteignant, nous hallucinons le Monde comme Création d’un Créateur omnipotent et la Fin comme Retour à Dieu dans l’Unité mystique, la Parousie dans l’Au-Delà divin que seul, peut-être, pourrait atteindre l’Homme du huitième Jour délivré de ce Monde, de sa Matière et de sa Chair ignobles, Homme réconcilié enfin, paré de toutes Perfections, devenu pur Esprit et accédant au Ciel, double de Dieu lui-même dans la Vie éternelle ?…
En Vérité, l’Homme du huitième Jour est Illusion suprême et Affabulation,Vision d’une Imagination malade, en Mal de Transcendance, méprisant et dénigrant ce seul Monde auquel nous sommes et nous appartenons en toute Humanité, en toute Humilité dans son Immanence tragique et dans l’Effroi du Beau : Voici l’Homme en l’Homme réel, seul, pauvre et nu sans Arrière-Monde, sans Transcendance autre que sa Liberté et son Errance pathétiques et cependant sa Dignité d’Être pensant, son Génie créatif, son Souci pour les Choses à venir, son Impatience et sa Patience, son Attention au Corps du Monde et aux Fruits de la Terre…
Dans la Nuit des Solitudes et de l’Immensité, nous sommes probablement à la Fois condamnés et sauvés, ouvrant l’Enigme des Possibles, le Champ des Impossibles pour la Gloire dans la Pénombre d’un Réel totalement immanent, désobstrué des anciennes Pensées dualistes et hallucinatoires, lavés des Déifications sans Preuves et des Promesses jamais tenues...Adieu l’Homme du huitième Jour et son Enfer caché !…..
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