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La mer des champs de blé
La mer des champs de blé offre sa chevelure
Sous les vagues du vent qui l’on tant labourée,
Les épis des pinceaux glanent dans la nature
La dorure chétive des folles herbacées.
Avec le temps elle a décoloré les algues
Prises dans les filets des rayons du soleil,
Elle va devenir un simple terrain vague,
Avec des SOS glissés dans des bouteilles.
La mer des champs de blé moissonne les naufrages
Des marins disparus dans le bleu de l’été,
Puis la mer se retire et laisse sur la plage
L’image Angélique d’un tableau de Millet.
Parfois un arc-en-ciel lui donne des couleurs,
Van Gogh dans un tableau a su la sublimer,
Laissant imaginer, merveille des merveilles,
Le reste des épis d’un océan doré.
La mer des champs de blé engrange son écume
Dans le panache blanc de ses ressacs violents,
Quand les épis deviennent des phares qui s’allument
Sur un bout de rocher délavé par le temps.
Au milieu de ce champ que glane la lumière,
Un papillon se pose le temps d’une éclaircie,
Et l’or blond des campagnes, fécondé par la terre
S’en va donner aux hommes un peu de pain béni.
La mer des champs de blé naît dans des Hauts de France,
Puis sa folle marée traverse le pays,
Jusque dans les greniers, dernière transhumance
Pour cette graminée en quête d’un abri.
La mer des champs de blé navigue dans l’espace
Où dans le végétal se cache des voiliers,
Les tiges sont des mâts qui deviendront hélas,
De simples brins de paille quand elles seront coupées.
Et pourtant…
C’est dans ces champs de blé que l’âme se cultive,
Que l’homme devrait vivre du fruit de son labeur,
Mais ce n’est qu’une Mer Promise à la dérive…
Car les moins scrupuleux planquent leur blé ailleurs.
La mer des champs de blé voudrait couvrir le Monde
Pour nourrir tous les ventres qu’elle a vus affamés,
Mais elle sait trop bien que les canons qui grondent
Détruisent les semailles qui auraient dû lever.
Ne t’aventure pas sur cette mer en ruine,
Elle n’est devenue que ce lieu de combat,
Où à défaut d’épis, ce sont des champs de mines
Qui aujourd’hui , encore, vont faucher des soldats.
Claude
Ecrit dans la nuit du 16 au 17 Juillet 2024
(ancien poème de 2014 où il n’y avait que deux quatrains à
l’origine. J’en ai rajouté neuf cette nuit.)
C’est un clin d’œil que j’ai voulu faire en réponse au superbe
poème de Patricia : ‘’ Les Moissons de la solitude.''
Illustration :
Peinture de Van Gogh : '' Les Saintes Maries de la Mer ''
Illustration musicale :
Julien Clerc : '' Terre de France ''
https://www.youtube.com/watch?v=0CdPDJ1H82E
Sting : '' Fields of gold '' ( Champs d'or )
https://www.youtube.com/watch?v=5som4EYefio
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