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Le Chemin De La Haine

le mercredi 07 août 2024, à 10:59. Posté par Imparfait (Patricia


(Photo pixabay)


Le chemin de la haine



Quand le goût de la haine empoisonne les fruits
Et laisse ruisseler un jus noir d'amertume,
Inondant de bassesse un cerveau qu'on enfume,
Sur le chemin boueux des mensonges gratuits.

Quand l'idéal revêt ses loques de mépris
Et que les monstres rient des douleurs qu'ils infligent,
Comment espèrent-ils que des amours érigent
Un tombeau de pardon sur ce fiel incompris.

Quand les ombres du mal emportent les douleurs,
Il reste en leur sillage un relent de cynisme
Où se mêlent son « je » et son égocentrisme,
Comme un marquage au fer qui ravive les pleurs.

Au-delà de la mort, au-delà d'un après,
Lorsque plane dans l'air une ultime promesse,
Qui dore le blason de celui qui nous blesse,
On comprend vite alors que tout est fait exprès.

Malgré le lien rompu dans la tête et le cœur,
Il reste en souvenir la trace indélébile,
De la perversité sous la torture habile,
De ce couple arrogant, jaloux et destructeur.


(Droits d'auteur réservés)

Patricia (Imparfaitlibre)
Mars 22

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commentaires ( 15 ) (Ajouter un commentaire)
Macha le mercredi 07 août 2024, à 12:52
Bonjour Patricia....
Comme tout tes poèmes.... celui ci m'émeut énormément.... Ce n'est pas d'un couple sur je parlerai pour moi.... Mais un être que l'on a détruit même au delà de la mort peut pas pardonner... Personnellement.... A travers chaque poème que je peux lire...je ressens beaucoup... mais beaucoup de souffrance en toi.... Je t'embrasse bien amicalement.... Macha....

vertflo le mercredi 07 août 2024, à 23:31
Bonsoir Patricia
'' Le couple destructeur '' un sujet pas facile à développer tant il a une certaine intimité même quand on parle d'un autre couple que le sien.
Tu t'en es bien sortie car sur un thème pareil , je n'aurai pas été plus loin que trois mots.
Je ne sais pas, mais peut-être faut-il avoir vécu de tels moments pour arriver à les faire ressentir u lecteur avec une telle force.
Perso je dois dire que la haine est un sentiment qui me fait peur.
Elle peut se comprendre effectivement dans un couple ou ailleurs quand l'une des deux personnes a trop souffert mais comme je n'ai jamais connu de telles situations, j'ai toujours du mal avec ce sentiment.
Remarque, ça vient peut-être de mon côté hyper sensible car par exemple je ne peux pas regarder une scène de violence à la télé et quand je vais voir un film je m'assure avant qu'il n'y aura aucune scène de violence, ne serait-ce même qu'une gifle donnée.
Je me souviens lorsque j'habitais il y a plusieurs années dans un immeuble, il y avait un gars qui battait sa femme.
Je ne supportais pas ça et j'avais appelé la police qui est venue et bien deux jours après dans le parking souterrain on avait crevé tous les pneus de ma voitures et cassé toutes les vitres.
Le gars s'était vengé que je l'ai dénoncé à la police.
Bon, revenons à ton poème.
Très beau texte mais entre les mots (monstres-haine-bassesse-mépris-fiel-cynisme-perversité-torture ) là je suis servi être déjà moi même en souffrance.
J'ai un couple d'amis qui a divorcé et qui entretient un climat de haine permanent entre eux.
Certes sur l'un des deux il y en a un qui est plus que fautif et qui mérite une certaine forme de mépris mais quand c'est de la haine pure et dure, ça me met mal à l'aise, je suis moi même perturbé de les voir dans cette situation, ça me rend malheureux et oui comme je te le disais, d'une certaine manière ça me donne envie de fuir, ça me fait peur.
J'aime trop la douceur, le calme, un mot pas plus haut que l'autre.
Les scènes de ménages ''hard'' m'ont toujours hérissé le poil.
faut dire que j'ai toujours vécu dans des ambiances familiales avec mes parents où chacun se respectait et c'est le respect qui manque actuellement dans le couple.
Quand ça ne va pas, certes, il vaut mieux se séparer mais comme on le dit , la haine n'a jamais été une bonne conseillère.
En tout cas, même si ce n'est pas un poème joyeux (et tant mieux car la vie n'est hélas pas toujours joyeuse) tu as touché là une corde sensible de l'attitude humaine et je le redit, tu t'es lancé dans un exercice très réussi mais pas facile du tout car dès qu'il s'agit de sentiments poussés à l'extrême, j'aurai beaucoup de mal à structurer un tel texte.
Cela dit, tu poses aussi une autre question plus importante pour moi que le règlement de compte ou la haine, c'est la question du pardon.
Là, autant j'ai du mal à concevoir la haine, autant je n'ai pas de mal à ne pas pardonner à une personne qui m'a fait trop de mal.
Peut-être est-ce du à l'usage des deux mots.
La haine est un mot dur et violent et le pardon est un mot plus doux alors même si on ne veut pas pardonner, il est moins douloureux et cruel.
PS
Petite note d'humour...quoi que !!!!!!
Je déteste de plus en plus le mot haine depuis que l'on m'a décelé des cellules cancéreuses en bas de l'aine.
Bon ! ce n'est pas rigolo mais dés fois un rien, une connerie m'amuse.

Je te souhaite une bonne fin de soirée mon amie poétesse.
Bien à toi
Claude

vertflo le mercredi 07 août 2024, à 23:33
PS
Tu as déniché une sacrée photo admirable pour illustrer ton texte.
Les deux personnes en flou sur le chemin avec cet arrière fond assez ''lugubre'' c'est une réussite complète.

Rachelle le mercredi 07 août 2024, à 23:42
Patricia, magnifique poésie, j'aime beaucoup ta poésie, elle relate très bien cette atmosphère floue, brumeuse, sombre, mélancolique qui coule à flots, merci beaucoup pour cette belle lecture, et pour cette photo, qui me fait penser aux films d'horreurs, que je regardais au cinéma, à la télévision, quand j'étais petite, j'aimais beaucoup ces films, et j'avais très peur, mais je regardais ces films jusqu'à la fin, même si j'étais terrifiée, je devais être sado Maso, sourires..., sinon, je suis fascinée par ton talent poétique, Bravo ! continues d'écrire s'il te plaît, gros bisous d'amitiés de Rachelle, ton amie poétesse Rachelle très féminine avec grand plaisir, www mes poèmes.net funky 571

José le jeudi 08 août 2024, à 08:19
Un voile noir de mots est posé sur ce douloureux poème qui évoque ce " lien rompu dans la tête et le cœur" et expose à cette ultra violence qu'est la haine.
C'est un sentiment qui détruit l'autre autant que soi-même car "le jus noir de l'amertume" paralyse l'esprit, mange son énergie en le focalisant sur des projets négatifs de vengeance. Pardonner c'est difficile, mais c'est le seul moyen de ne pas rester figé(e) et d'entretenir ce mal qui nous a été fait, c'est se tourner vers l'avenir et se redonner confiance et liberté.
Bises et bonne journée Patricia

Lola le vendredi 09 août 2024, à 00:59

Les mensonges...gratuits !...ils le sont souvent, et c'est audacieux de l'écrire. Ainsi dénoncés, ils perdent un peu de leur impunité et du mal qu'ils peuvent générer.

Oui, personne ne peut comprendre le mépris, l'enfumage, la violence, que celui qui les vit dans sa chaire.

N'est indélébile que de nourrir les rancœurs sauf peut-être parfois, en considérant que nous ne sommes que de passage sur cette terre parsemée de précipices...
Une alternative au pardon que Claude évoque...pour s'alléger, se redonner confiance, comme dit José !

Merci d'avoir abordé ce thème douloureux avec pudeur.
Bises amicales, Lola.




imparfaitlibre le samedi 10 août 2024, à 11:14
Bonjour Macha,
Bonjour Claude,
Bonjour Rachelle,
Bonjour José,
Bonjour Lola, (quel plaisir de te revoir sur un de mes poèmes)

Merci à vous toutes et tous pour votre passage sur ce poème qui est mon ressenti sur un couple qui me touchait de très près puisqu'il était le couple que formait mon père est sa femme.
Mon père a toujours été une personne qui voulait paraître aux yeux des autres surtout des inconnus juste pour l'image et la haute estime que ce paraître pouvait entraîner même si lui, de son côté, méprisait tout le monde et critiquait tout le monde, sa mère, ses frères, ses femmes (il a été marié deux fois) et surtout en tête de liste, ses enfants a qui il reprochait surtout d'être les enfants de sa première femme qui haïssait toujours même après près de quarante années de divorce et de remariage (il avait la haine tenace et j'en subissais les conséquences à chaque fois que je l'appelais ou que je le voyais!!!!)
Après une nouvelle dispute avec lui par téléphone, j'avais enfin décidé de prendre du recule car à chaque fois que je raccrochais j'étais malade pendant 48 heures et il est mort 6 mois après, en février 2022 et là, nous avons vraiment découvert toute l'étendue de cette haine qu'ils ressassaient tous les deux vis à vis de ses propres enfants à lui et j'avoue qu'à mon tour je l'ai haï pour toutes les saloperies qu'ils avaient pu inventer pour mettre la pagaille entre un de mes frères et nous (il a réussi en plus!)
Ce poème écrit un mois après sa mort est toujours ce que je ressens aujourd'hui malgré les années qui passent.
1) Ce goût de la haine est celui de ce ressenti, les bassesses sont les fois ou il nous insultait dès que nous n'étions pas d'accord avec lui, et les mensonges gratuits sont ceux qu'il nous faisait alors que nous ne lui demandions jamais rien.
2) J'ai longtemps idéalisé mon père alors lorsque j'ai compris qui il était vraiment j'avoue que cet idéal a pris une autre forme et j'ai compris que cela devait bien les faire rire de me manipuler mais, finalement, celle à qui il disait « je t'aime ma fifille » ne pourra jamais lui pardonner le mépris qu'il avait pour elle.
3) Son « Je », juste parce qu'il passait son temps (même à 91 ans) a dire « moi je... moi je.... Moi je », pour celui qui l'écoutait et qui ne le connaissait pas, il était le plus fort, le meilleur, l'exemple, le gentil toujours pour tirer la couverture vers lui alors que je savais tout le cynisme qu'il y avait derrière ce « je ».
4) Avant de mourir, il avait fait promettre à un de mes frères (le seul qui lui ressemble vraiment au point de vue manipulation des autres) de ne pas nous prévenir et surtout de ne pas nous révéler le lieu de la sépulture afin que nous ne venions pas à son enterrement et mon frère l'a fait et c'est par le biais de mon oncle que j'ai appris la mort de mon père (sa femme nous détestait tellement que de toute façon elle ne nous aurait jamais prévenu).
5) Comme je vous l'ai écrit plus haut, cela faisait 6 mois que j'avais rompu le contact avec eux mais, malgré la mort, je n'arrive pas à lui pardonner tout le mal qu'il a pu semer dans nos esprits depuis notre plus tendre enfance, et encore moins à elle qui le poussait dans ce sens (même si je me demande s'il avait besoin qu'on le pousse vraiment).
En plus de ses quatre enfants, et de ses 8 petits enfants, mon père avait encore deux frères lorsqu'il est décédé, et, hormis un de mes frères (celui dont je parle plus haut), aucun des autres n'est venu à son enterrement et aucun des autres n'a pleuré et surtout pas moi !!!!
Voilà l'histoire de ce poème que j'ai eu besoin d'écrire pour soulager la pression de toutes ces dernières années car, même si je savais ce qu'il était, je ne voulais pas qu'on puisse me reprocher de l'avoir abandonner ce que j'ai fini par faire tout de même 6 mois avant sa mort !
Merci encore à vous pour ce partage et pour votre vision de ce chemin qui, souvent malgré nous, nous conduit vers le pire des sentiments qu'est celui de la haine....
Pour la photo, je trouve que le spectre de ces deux formes représente bien la vision des faux sentiments.
Belle journée à malgré la chaleur annoncée, je vous souhaite un bon week-end.
Bises à vous toutes et tous et j'espère avoir le plaisir de vous lire très bientôt, et je pense fortement à Lola que je n'ai pas lu depuis très longtemps.

vertflo le dimanche 11 août 2024, à 14:58
Bonjour Patricia
Pas de ''voyeurisme '' dans ton commentaire, seulement une souffrance exprimée qui se cache sous beaucoup de pudeur.
Ca fait toujours plus que de la peine de voir que de telles situations puissent arriver, mais hélas elles sont plus nombreuses que nous le pensons, il est extrêmement rare que quelqu'un n'ai pas à tirer un ''bagage pourri'' derrière lui.
Souvent nous le cachons et nous faisons comme si......
Ce n'est pas la meilleure manière de s'en sortir, je pense que la bonne, c'est à moindre mal, celle que tu as utilisé, c'est à dire traduire par l'écriture ce cri enfoui en toi.
D'une certaine manière, même si ce n'est pas évident à reconnaitre, je suis persuadé que cela t'a soulagée.
J'ai lu ton commentaire comme on lit une ''tranche de vie'' et cette tranche qui ressemble plutôt à du pain noir pourrait faire partie de l'histoire d'un roman.
Souvent les romanciers vont chercher des sujets compliqués alors qu'il suffit de regarder la vie pour en écrire des tonnes dessus.
Oui j'ai pris plaisir (mais dans le bon sens) à lire ton commentaire car j'ai senti que ça te faisait du bien d'en parler et de sentir que l'on était à ton écoute.
En tout cas, c'est le cas pour moi.
C'est dans certaines ''confidences' 'que la poésie se nourrit et qu'elle trouve toute la place qu'elle doit avoir.
Celle de nous apprendre des choses et de nous émouvoir pour nous prouver que nous ne sommes pas indifférent à ''l'autre'' et que nous savons rester dignes et humains dans l'enfer de ce monde.

Bon après-midi
Bien à toi
Claude



imparfaitlibre le lundi 12 août 2024, à 22:35
Coucou Claude,
Il faut parfois beaucoup de temps pour comprendre pourquoi on est ce que l'on est mais il faut oser aussi affronter les vérités même si elles ne nous font pas plaisir.
Je pense que, si l'avortement avait été légale dans les années 60, ni ma soeur née en 1958, ni mon jeune frère né en 1965, ni moi-même née en 1962 ne serions là aujourd'hui, peut-être seul mon autre frère né en 1961 aurait vu le jour!
Oui, la poésie est ce cahier caché dans un coin de l'esprit sur lequel il est bon de pouvoir écrire les maux qui font de nous ce que nous devenons à la fin de notre vie.
Mille mercis encore à toi pour chacun des partages qui font beaucoup de bien lorsque la solitude devient un état d'esprit malgré la présence de ceux qui nous entourent.
Bises à toi cher Claude.

Lola le lundi 12 août 2024, à 23:51

Tu dissèques ta douleur, c'est sans doute salvateur...que cela t'aide à relever la tête !

Dis-toi que ton histoire a fait de toi celle que tu es aujourd'hui, et qu'il te manque sans doute quelques années de plus pour t'aider à gérer cette rancœur, si tu utilises le recul sur ta souffrance, sur les gens toxiques dont on met parfois tant de temps à se détourner d'eux.
Tu as réussi à survivre à ça, ce n'est pas un hasard.

Belle nuit, pleine d'étoiles prometteuses !
Lola

capucine812 le mardi 13 août 2024, à 09:43
Bonjour Patricia
Merci pour le partage de ce texte qui j'avoue ne me laisse pas indifférente
Bonne journée
Bises
Maryse

imparfaitlibre le samedi 17 août 2024, à 11:37
Bonjour Lola,
Tu as raison, il faut savoir s'éloigner des gens toxiques afin de retrouver la paix du coeur et celle de l'âme.
Les gens ne changent pas, ils font souvent semblant en affichant un masque qui rasure mais les vrais visages finissent très vite par déborder du masque et dans ma famille, il y a des milliers de masques cachés dans le coeur et l'esprit de chacun suivant si cela touche leur portefeuille ou juste celui des autres!
Tu connais ma vie alors tu sais que je finirai par surmonter (enfin en surface) la haine de mon père et l'indifférence de ma mère.
Grosses bises à toi et j'espère que tu te sens bien en Gironde et maintenant nous sommes de la même grande région française, la Nouvelle Aquitaine!
A très bientôt, cela fait du bien d'avoir de tes nouvelles et j'espère pourvoir te lire à mon tour.

imparfaitlibre le samedi 17 août 2024, à 11:38
Bonjour Maryse,
Merci d'être passée sur ce poème et merci pour la gentillesse de tes mots.
Belle journée de samedi à toi
Amitié et bises Maryse

lucille le mardi 27 août 2024, à 02:24
Chère toi,

Je suis loin d’être insensible à la douleur que tu décris avec tant de respect et de pudeur. Respect envers toi même et pudeur envers nous qui avons le privilège de t’accompagner sur ce chemin des mots (des maux?) sur lequel tu as laissé tomber quelques uns des petits cailloux qui blessent ton cœur. Je suis cette inconnue de passage, qui passe souvent en silence, le soir, à la tombée du jour, pour te lire dans le silence et la solitude des instants qui fuient… et je sais que je reviendrai encore… pour y lire ta touchante écriture. Bisous d’une lointaine contrée… Lucille 😊

imparfaitlibre le mercredi 28 août 2024, à 10:04
Bonjour chère Lucille,
Je suis très touchée par ta visite et par la sensibilité de tes mots mais je suis aussi très touchée par ton amitié et j'avoue que je pense très souvent à vous deux qui vivez si loin de nous mais qui, en même temps semblent si prêt par le coeur.
La vie ne nous fait pas de cadeau ou rarement alors lorsque, dès le début et par le biais de nos propres parents, elle nous rejette, il est difficile de croire en l'amour!
J'espère que vous allez bien et surtout j'espère que tu reviendras très vite pour nous poster un de tes merveilleux poèmes.
Grosses bises à vous deux chère Lucille et à très bientôt j'espère.
(moi nous plus, je ne t'oublie pas)

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