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Le Café de la Nuit
Le Café de la Nuit reste toujours ouvert
Pour les gens de passage ou les âmes perdues,
Les paumés qui s’attardent, assis devant un verre,
Ne voient rien que leur ombre glisser sur les murs nus.
Il y règne souvent un air de solitude,
Chacun vient s’installer avec son désespoir,
Pendant que le mal être reprend ses habitudes
Et que l' Absinthe bue devient un assommoir.
Des prénoms sont écrits sur la buée des vitres,
En lettres éphémères, prêtes à ruisseler,
Un peu comme un roman dont on oublie le titre
Mais dont le contenu ne peut pas s’effacer.
Ceux qui viennent ici n’ont plus pour seul repaire
Que cette salle humide, prison de leurs tourments,
Qu’importe si les heures qui tournent à l’envers
Leur font perdre à jamais toute notion du temps.
C’est l’endroit où le peintre et l’écrivain s’installent
Pour dessiner les mots inspirés par l’ennui
Un peu comme une fleur en manque de pétales
Quand en début d’Automne, le vers est dans le fruit.
Chacun y a sa place, presque toujours la même
Et comme pour survivre, on se lance un défi,
On écrit sur les nappes l’ébauche d’un poème
Parfois agrémenté par un simple croquis.
Les têtes sont baissées et les regards sont vides,
Les visages sont tristes, pudiquement figés,
La pâleur des néons qui dévoilent leurs rides
Ne permet pas de voir quelques larmes couler.
Parfois la porte s’ouvre et une silhouette
Vient s’assoir à la table où un démon l’attend,
Nuisible rendez-vous, étrange tête à tête
Flouté par la fumée qui sert de paravent.
Claude
écrit la nuit du 19 au 20 Août 2024
Peinture :
Edgar Degas : ''L'Absinthe''
Illustration musicale:
Chris Rea : '' Blue café ''
https://www.youtube.com/watch?v=wfPzWXFp9LM
Peintures de la vidéo : Alexey Butyrsky
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