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( Rien n’est plus délicieux pour vous conter fleurette
Qu’un sentier parfumé laissé à l’abandon.
Comme dans la chanson, il sentait la noisette
Et à émoustillé Mireille et Jean Sablon. )
Le sentier
D’un côté des vallons, de l’autre des montagnes,
Au milieu un sentier égayait mon humeur,
Là, sans brutalité, je battais la campagne
En donnant libre cours à mon esprit rêveur.
Le sentier serpentait jusqu’à l’inaccessible,
Quand je levais les yeux, il paraissait si haut,
Parfois à découvert mais souvent invisible,
Il cachait ses contours dans les forêts d’ormeaux.
Paisible, il cheminait comme un train se tortille,
Le Mistral lui offrant son manteau poussiéreux ;
Messager d’horizons, tournant le dos aux villes
Entre champs de lavandes et pacages herbeux.
Le sentier s’écorchait aux pointes des rocailles
Evitant de flétrir les jardins de senteurs,
Il aurait préféré tomber dans une faille
Plutôt que son tracé ne piétine des fleurs.
Il aimait se donner un air de complaisance
Pour que les randonneurs épris de liberté
S’y engagent sans crainte et en toute confiance
Puissent trouver chez lui de l’hospitalité.
C’était à sa façon un Sentier lumineux
Fait pour ceux qui en font leur quête spirituelle,
Ceux qui cherchent la voie qui les rendra heureux
Sans faire pour autant celui de Compostelle.
Des sentes, j’en ai prises, plus ou moins vagabondes,
Au point de m’éloigner, mais ça n’a pas marché,
Je n’ai pas eu besoin de parcourir le monde
Car sur mon cul terreux, j’ai usé mes souliers.
Ce sentier m’a permis de prendre mes distances
Avec ce monde fou qui ne nous mène à rien.
On dit que la vieillesse s’apparente à l’enfance…
Entre temps mes idées ont faites leur chemin.
Aujourd’hui…
Je reviens sur mes pas, mais à flanc de montagne,
Une route remplace le vieux sentier frondeur,
Un tapis de goudron traverse la campagne
Et des sillons d’asphalte me labourent le cœur.
Claude
Poème de 2013
Illustration musicale :
Mireille et Jean Sablon :
''Ce petit chemin ''
https://www.youtube.com/watch?v=b71EtvQ9QvQ
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