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L’Hôtel aux mille étoiles
( aux amoureux de la nuit )
Je m’étais allongé par une nuit très claire
Sur l’herbe encore chaude des ardeurs de l’été,
L’Hôtel aux mille étoiles où j’allais héberger
N’avait pour seul plafond que la voûte stellaire.
J’avais longtemps marché en humble pèlerin
Arborant ma coquille digne de Compostelle.
Au Col de Roncevaux, à cause des semelles,
Avec des Cors aux pieds s’arrêta mon chemin.
Je comptais les moutons avant de m’endormir,
L’étoile du berger m’apparut la première,
Et en pleine figure, recevant sa lumière
L’écrin de sa beauté cherchait à m’éblouir.
Oui, j’étais là pensant, pareil à ce roseau
Que ce bon vieux Pascal a comparé à l’homme,
Sous cette galaxie, un petit être en somme,
Un caillou sans éclat contemplant des joyaux.
Quel spectacle envoûtant ! mais pas un seul médium,
Hubert Reeves manquait pour tous les commentaires,
Je me trouvais vraiment bassement terre à terre
Face à l’immensité de ce planétarium.
Au bras de ces étoiles, j’étais comblé et fier
Puisque par leur beauté j’étais accompagné.
Plus question de distance, elles m’ont approché
Pour me faire l’amour à des années lumière.
Levant les yeux sur elle, j’habitais leur espace
Car elles m’attendaient, ces hôtesses de l’air,
Qui allaient m’envoyer j’oserais dire en l’air
Dans ce lit tacheté des plaisirs de leur grâce.
J’étais là sidéré devant le sidéral,
Pour le plaisir des yeux, j’allais perdre la tête,
Un hôtel en plein air, ça peut sembler banal,
Mais ça vaut croyez moi tout ceux de la Croisette.
Certes, à la belle étoile, ça manquait de confort,
C’était plutôt spartiate sur un lit de bruyères,
Toutes ces galaxies perdues dans l’ univers,
Et moi déboussolé à en perdre le Nord.
Cet Hôtel
Il est toujours ouvert, accueille tous les hôtes,
On y vient quand on veut, à la bonne franquette,
Ce site méconnu n’est pas sur Internet,
Vous ne pouvez l’atteindre que les jambes en compote.
On ne le trouve pas dans le Gault et Millau,
Le guide du Routard pour sa part le délaisse,
Vénus déploie pour vous son charme de déesse,
Mais elle vous regarde sans le prendre de haut.
On ne peut comparer à un Hôtel de passe
Ce lieu à découvert propice pour s’aimer,
Les astres font de l’œil, vous disent de monter…..
Ca n’ira pas plus loin…il y a trop d’espace.
C’est bien le seul palace ou la Suite est sans Fin,
L’air pur climatisé, la vue panoramique,
Sur la nappe argentée d’un gala galactique,
Un seul croissant de Lune peut devenir festin.
Vous n’y trouverez pas des Stars du cinéma ,
Des étoiles filantes, brillantes mais bébêtes,
Pas besoin de fusée pour aller dans leur bras,
Il suffit de vos yeux pour faire la navette.
Mais ce n’est pas non plus une auberge espagnole,
Ce serait un ‘’ désastre ‘’ s’il en était ainsi,
Cependant, il se peut que votre regard frôle
La queue…d’une comète…et vous serez ravi !
Chambres à ciel ouvert sans voisins et sans bruit,
La lucarne des yeux sont les seules fenêtres,
Louis Ferdinand Celine y résida peut-être
Lorsqu’il fit son Voyage jusqu’au bout de la nuit.
Etoiles de l’amour aux pulsions si lointaines,
Je veux vous ‘’ allumer ‘’ dans votre firmament,
Eclats géométriques qui traversent le temps,
Laissez vos corps célestes charmer mon ciel de traîne.
…………
Mais au petit matin, privé de l’allégresse
Du tableau féerique de la nuit étoilée,
Dans un coin d’horizon, le soleil s’est levé…..
L’hôtel a disparu sans me laisser d’adresse.
Claude
ancien poème
Illustration musicale :
Gold : '' Un peu plus près des étoiles ''
https://www.youtube.com/watch?v=JwA9WO3U49U
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