|
Noces de l’Epiphanie et de l’Ombre.
…..Nous pratiquons le Vivre en d’étranges Manières, en d’étranges et diverses Allures et sous la double Loi de l’Epiphanie et de l’Ombre et sous la double Instance du Même et de la Dissemblance, sous la double Férule de la Lumière et du Nocturne, selon l’Enigme de la Conscience et de la Chair, selon l’Ecart des Temps et des Espaces, selon le Battement de l’Ici et du Lointain, du Maintenant et du Jadis…
Êtres de Peu et de Passage, Hommes et Femmes de Douleur et de Liesse avec sur nos Faces béantes, la Possibilité du Rire en son Abîme et les Regards cernés de Honte et d’Ombre de toutes les Détresses, les Empreintes et les Marques criantes de Fautes et d’Injustice, la Blessure des Offenses, Nous Autres, évanescentes Silhouettes de Brume, adossés à la Falaise du Réel innommable, devant la Flamme en Attente du Possible, nous célébrons incessamment les Noces de l’Epiphanie et de l’Ombre, les Epousailles et le Litige du Jour et de la Nuit…
Fils et Filles de la Terre et de l’Ouvert sans Mesure, nous pratiquons le Vivre selon le Mystère des Origines et des Fins, selon la Gigantomachie secrète de la Présence et de l’Absence, parmi les étranges Semblables, les Amis inconnus et les Choses muettes, dans l’Attente, l’Oubli et le Remords, selon la Vérité et la Non-Vérité de l’Errance abyssale. A vrai Dire, nous sommes emportés dans la Spirale et le Chaos du Devenir qu’interrompent parfois, pour un Temps, une Epoque, les Civilisations et le Génie humain, les Oeuvres d’Art qui se voudraient intemporelles...L’Eloignement est notre Essence, le Change est notre opaque et libre Vérité. Ô Noces du Manifeste et du Retrait, de l’Epiphanie et de l’Ombre…
Périlleux est le Chemin de Crête où nous marchons d’un Pas aventureux et malhabile, entre Angoisse et Vertige. Sommets inatteignables, Ravins profonds, Forêts sauvages, Echos et Traces sans Cesse à déchiffrer, peuplent ce Monde où nous sommes jetés sans Cause ni Raison, où nous avons à éprouver infiniment le Doute et la Question. Surgissements, Disparitions rythment notre Existence, Emergences et Déclins, Sens et Non-Sens, Basculements, Bifurcations, Trop de Réel en Vérité, un Savoir incertain, Mode oscillant et insistant du Négatif, Noirceur du Coeur, Limons des Souvenirs, Meurtres, Naissances dans le Sang, Fureur et Beauté des Passions, Consciences en Faute et douloureuses et pourtant quelques fois enchantées, Violence du Vouloir, Pléonexie du Moi, Querelles, Cacophonies, Enfer sur Terre et cependant quelques Flammèches de Bonté pour Autrui, et nous allons dans le Tohu-Bohu du Monde, alternant Vigilance et Délire, Ordre et Dissolution, en Quête d’Intégration et de Tenue et cependant Jouets des Univers hallucinatoires du Cerveau. Ô Drame pathétique de l’Epiphanie et de l’Ombre !
Je songe à la Lutte incessante entre la Chair et l’Esprit régulateur, je songe en Vain et en Enigme au Mixte déchiré de la Physiologie et du Psychique, aux Soubassements caverneux de la Sublimation et du Conscient, je songe au Nouage inextricable du Manifeste et du Caché et à leurs Pulsations du Réflexe au Pensé. Ô Noces de l’Epiphanie et de l’Ombre !…..
|