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Le mime ( hommage à Marcel Marceau )
Poète extravagant, miroir aux alouettes
Alternant le tragique avec la facétie,
Tel un pantin de chair, ses fils de marionnettes
Deviennent les énigmes de sa chorégraphie.
Sans dire une parole, sans donner de la voix,
Son toucher suggestif peut cueillir une étoile.
On croit la voir briller sur le bout de ses doigts,
Mais pour mieux l’évoquer, il lui a mis un voile.
Pour lui chaque réplique est cousue sur ses lèvres
Dans une gestuelle de mimiques brodées,
Ciselant dans le vide ses mouvements d’orfèvre
Avec la précision de pauses animées.
Distinctement il sculpte de frêles arabesques
Nous laissant deviner ce qu’elles transfigurent
Et petit à petit, nous découvrons la fresque
De ce tableau parfait dont il est la dorure.
Roulés dans la farine par son masque tout blanc,
Nous posons nos esprits sur ses frasques lunaires,
Puisque dans son espace toute notion de temps
N’est du qu’à l’illusion de visions éphémères.
Nous fait-il oublier de part ses faits et gestes
Cette réalité de notre dimension ?
Peut-être !… mais tout l’art, sa prestation l’atteste,
C’est de toucher nos sens par l’imagination.
Alors inconsciemment, son visage nous teste
Pour voir si nous quittons ce monde ennuyeux
Et le poids de la vie lentement se déleste
Car un brin de magie est tombé sous nos yeux.
Il connait à merveille le langage du corps,
Celui qui ne s’habille qu’avec la nudité,
Les parfums des flacons sous ses mains s’évaporent
Dans l’effluve fictive qu’il nous fait respirer.
On croit que c’est un clown tant il jongle d’adresse,
Mais lorsque la tristesse vient le démaquiller,
Nous recevons alors ses bulles de tendresse
Que notre cœur ému va faire éclater.
A la fin du spectacle, il déchire une page
Puis il croque un dessin en nous montrant les dents,
BIP *dans sa bonté nous donne des images
Pour nous récompenser de rester des enfants.
Nous avons malgré nous défloré son silence
Par des moments de rire alors que lui pleurait.
Il nous a pardonné en mimant la clémence
Et nous, par déférence, nous mimons le regret.
Claude
Poème de 2009
Dédié au mime Marcel Marceau
décédé le 22 Septembre 2007
* BIP cité dans le texte était le nom de son personnage de scène.
Illustration musicale pour José suite à son dernier poème
qui fait référence au tango.
''Le danseur de tango'' (Marcel Marceau)
https://www.youtube.com/watch?v=2wLf6PN1TN0
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