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Je trompe mon ennui
Je trompe mon ennui et tous ses avatars
Dans des journées sans fin où mes envies paressent,
J’ai trop rêvé d’ailleurs et surpris le hasard
Quand il ne tenait pas ses plus belles promesses.
J’ai vu tant de soleils qui n’étaient que des ombres,
Des pluies de feux follets qui manquaient de lumière,
Des flocons de bonheur si désireux de fondre
Qu’ils se changeaient en larmes à la fin de l’hiver.
Je n’ai plus souvenance de ce temps aboli
Où mon cœur plein de joie se grisait aux fontaines,
Plus je marche vers elles, plus mes idées me fuient
De peur d’y retrouver leurs sources souterraines.
Je poursuis mon chemin sans faire de prières,
Sans m’en remettre à Dieu car il n’est rien pour moi,
Pour diriger ma vie, je ferme les paupières
Et je vais à tâtons où me guident mes pas.
Quelquefois des pensées viennent flétrir mes songes,
Je meurs dans un sommeil où je ne rêve pas,
Je vois la vérité cachée dans un mensonge
Qui prétend qu’il y a autre chose là-bas.
J’ai cru que les matins pouvaient changer le monde,
Quand la lune partait sous sa pincée d’étoiles,
J’ai cru que les enfants formeraient une ronde
Tout autour de la Terre sur un bateau à voile.
J’ai cru à des ballons qui éclataient de rire
Et qui se moquaient bien de monter jusqu’au ciel,
J’ai cru à des visages barbouillés de sourire
Et au pays d’Alice pétillant de Merveilles.
Les romances finissent dans l’ombrage des rimes,
Elles auront vécu le temps d’avoir souffert,
Le temps d’avoir subi les phrases qui les briment
Mais qui éclateront comme des bulles d’air.
Claude écrit le 23 Avril 2025
Illustration musicale :
Barbara : '' La Solitude ''
https://www.youtube.com/watch?v=fuK1UY66l94
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