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Je t’apprendrai
Je t’apprendrai la joie des chemins qu’on partage
Quand au petit matin le jour ouvre les yeux,
Je t’apprendrai à peindre les plus beaux paysages,
Ceux que comme du pain, tu dévores des yeux.
Je t’apprendrai le nom des Cités englouties
Et celui des amants à la mort légendaire,
Ceux dont l’amour ressemble à une tragédie
Alors qu’ils rayonnaient, tels des êtres solaires.
Je t’apprendrai le goût des baisers que l’on vole,
Qu’on braconne et qu’on cueille comme un fruit défendu,
Et tu retrouveras dans des histoires drôles
Le chagrin immuable des paradis perdus.
Je t’apprendrai les psaumes des ferventes prières,
Les chants d’orgues orgueilleux dessous les grandes voûtes,
L’arc-en ciel des vitraux qui captent la lumière
Jusqu’à la fin du jour quand elle sera dissoute.
Je t’apprendrai les bruits que filtre le silence,
Le son des instruments qui jouent dans l’Univers,
Les plus belles chansons avec leur pas de danse,
Et le roulis des vagues qui fredonnent La Mer.
Je t’apprendrai que l’eau qui jaillit des fontaines
A du mal à quitter son monde souterrain,
Un peu comme l’enfant qui a toutes les peines
A sortir de ce ventre où il était si bien.
Je te dirai comment mieux réussir sa vie,
Et finir malgré tout par lui trouver du charme,
Tu prendras des fous rires et ta mélancolie
Peut-être pour toujours se passera de larmes.
Je te dirai pourquoi les secondes qui passent
N’offrent leur métronome que pour tuer le temps,
Pourquoi savoir écrire puisque les mots s’effacent,
Gommés par le passé, ôtés par le présent.
Je te dirai aussi ce que j’ai sur le cœur
Quand je touche le fond sans pouvoir remonter,
Je te dirai pourquoi les portes du bonheur
Fermées à double tour cachent si bien leurs clés.
Je te dirai les mots qui poussent dans les champs,
Grâce à eux tu feras l’école buissonnière
Pour former une ronde avec tous les enfants
Qui la main dans la main font le tour de la terre.
Je te dirai les jours qui sont privés d’étoiles
Les nuits où le soleil se cache dans un coin,
Le vent s’époumonant à faire gonfler les voiles
Des bateaux qui s’en vont vers leurs rêves mutins.
Je te dirai les pages qu’il te faudra sauter
Lorsque tu reliras le livre de ta vie,
Car tu ne dois garder que les moments choisis,
Là où les marques pages auront été placés.
Claude
Ecrit le 21 07 2025
Illustration musicale :
Christophe '' Les paradis perdus''
https://www.youtube.com/watch?v=stqlbvIP4eg
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