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Tableau d'un ami artiste-peintre autodidacte
En observant ce tableau qui se voulait une source d’inspiration,
Avivant un ressenti tout autre que des souvenirs d’enfance,
Certains éléments, hélas, suscitent une douleur intense
Au milieu du paysage, le toit d’une petite maison isolée
Aussi rouge que les larmes d’encre coulant d’un cœur déchiré,
Perdue dans le fond à dominance vert, ma couleur préférée
Les nuages blancs, en principe, symboles de l’abondance
Suscitent plutôt le sentiment d’une profonde oppression
Occultant le soleil comme fut un bonheur réduit à la répression
Malgré le palmier élancé ; branches tendues vers le ciel cotonneux
Rappelant celui de ma grand-mère sur notre île, des jours heureux
Derrière lui, les collines, toutes aussi vertes, bien alignées
Apparaissent comme des obstacles faisant barrage au soleil
Tels ceux barrant le chemin au bonheur, indûment envolé
Au pied du palmier, deux femmes, vêtues des couleurs de notre île,
Dont le regard semble s’attarder sur le biquet qui les suit
Au-devant de la scène, deux cochons se tenant debout, stoïques
Et il m’en souvient les animaux de mon grand-père, de belle prestance aussi,
À la peau d’ébène ; qui tout comme ce palmier, se tenait aussi droit qu’un i
Quelques doux souvenirs parmi d’autres que ce tableau pourrait évoquer
Mais, lorsqu’elle peignait ce tableau, sûrement en croyant bien faire
La main de l’artiste n’imaginait sans doute pas la tristesse engendrée
En observant ce qui se devait d’être source d’inspiration plus exulté.
Dieu merci, n’étant pas de ceux qui se laissent facilement décourager
De l’artiste comme du paysage, je ne retiendrai que les meilleurs souvenirs
Ivydall
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