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...Passion de l’Inachèvement…
…..Nous appartenons, Vivants-Mourants, à l’Absence originelle d’Origine, au Vide sidéral et inintelligible d’avant toute Chose, au Défaut premier de Lumière, un Non plus ancien que le Oui, qui couture et qui creuse nos Apparences et nos Allures et que ne combleront nulle Oeuvre, nulle Fondation, nulle Parole et nulle Déité. Nous appartenons à l’Obscur, à la Disparition, à la Non-Existence des Morts, à l’éternel Retrait, la Nuit de toute Donation.
Nous naissons, grandissons et mourons dans le Drame de l’Eloignement, dans le Tragique des Possibles, de la Futurition et de l’ultime Anonymat. Nous appartenons à l’Enigme majeure des Provenances et des Espèces, à la haute Fissure et aux Altérations dont sont cousus la Vie mouvante et le Silence du Tombeau, la Généalogie. Nous appartenons à la Perte des Commencements, à l’Hémorragie des Actes et des Pensées inachevés, à la Déroute du Dicible en Quête du dernier Mot, Ô Bégaiements des Langues !, Ô Confusion malheureuse des Sens ! Homonymies, Balbutiements, Synonymies sans Fin, Etymologies infidèles, Permutations des Phonèmes, Maladies du Pensable, Conclusions erronées, Errance de la Vérité, Vérité fictionnelle, lacunaire !…..
Nous appartenons au Pathétique de l’Attente et de l’Oubli qui jamais ne s’achèvent, au Labyrinthe des Solitudes qui se cherchent un Miroir, un Double, leur Eurydice retournée et à jamais perdue, l’Enfer des Ombres errantes, la Déchirure que Mythes et Fantasmes, Récits, Poèmes et Représentations tentent de suturer, nous appartenons au Temps immense des Univers et à la Profondeur de son Espace inaccessible aux Temporalités humaines, nous appartenons aux Noces ardentes et mélancoliques du Silence et du Langage, aux Souterrains étranges de l’Inconscient, à ses Visages grimaçants, aux Rebuts et Copeaux de notre Histoire intime, aux Mosaïques des Fresques passionnelles qui ne finissent pas, aux Fragments amoncelés de Monologues névrotiques, aux Débris de Dialogues insensés avec nos lointains Semblables, aux Limons accumulés des Jours, à l’Enchevêtrement de la Beauté et de l’Abject, de l’Amour et de la Haine…..
Que l’Inachèvement et l’Abandon dans les Siècles des Siècles, soient notre Joie, notre Passion, notre créative Détresse, notre Géologie cosmologique, nos Soleils noirs, notre Graal introuvable, rayonnant de Lumière et d’Interdit, notre Destin, Destination dont Hölderlin chantait la triple Mélodie : le Risque, la Fête, l’Exil. Ce serait, dans d’étranges Epoques à venir, Habitants Migrateurs de Milliards d’Exoplanètes, Approbateurs des Fissures natales et des Altérations de l’Âge, la Passion de l’Inachèvement humain vers son Extrême, d’Oeuvres d’Art et de Pensées à Outrance depuis l’Inconnu de l’Aurore et riches jusqu’à la Nuit, des Promesses d’Humilité et de Justice transfigurées par l’Amour expansif, toujours à offrir en Partage, la Retenue, le Désappropriement !…..
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