|

Je t’ai longtemps aimée
Je t’ai longtemps aimée pour ta folle présence,
Pour l’absent téméraire qui te tournait autour,
Et qui en esquissant un ou deux pas de danse
Etait sûr qu’il pouvait jouer sur du velours.
Je t’ai longtemps aimée, bien avant que de naître,
En ces temps reculés qui fécondaient en moi,
Sans que mes émotions ne laissent rien paraître
Ni pouvoir expliquer la raison du pourquoi.
Je t’ai longtemps aimée, et sans que tu le saches,
A cause des mystères qui habillent la vie,
Et des cœurs éperdus qui jouent à cache-cache
Comme si un soleil éblouissait la nuit.
Je t’ai longtemps aimée dans ces années poussières,
Qui balaient peu à peu les plus beaux souvenirs,
Aujourd’hui, ou demain, vont devenir hier…
A quoi bon s’extasier sur ce qui doit mourir.
Je t’ai longtemps aimée dans le soupçon des rêves,
Le mensonge des songes trahit la vérité
De ces quelques minutes trop longues ou trop brèves
Pendant lesquelles le corps a pu s’abandonner.
Je t’ai longtemps aimée aux portes du hasard,
Sous le fard des pavés qui embellit les pas,
Quand personne n’attend sur le quai d’une gare
Et que l’ombre se ferme quand on ouvre les bras.
Je t’ai longtemps aimée pour la mélancolie
Qui rend toujours cruel le manque de mémoire,
Lorsque les souvenirs ont un parfum d’oubli
Tellement entêtant que nous cessons d’y croire.
Je t’ai longtemps aimée dans les champs de lumières
Quand le vent se dénude sous l’étoile qui luit,
Et qu’il creuse des vagues sur le dos de la mer
Pour qu’un chagrin racole l’eau qui le purifie.
‘’ Souvent l’idéalisme libère nos pensées.
Et si l’amour n’était qu’un simple stratagème,
Un leurre, un déni, un piège bien caché,
Prêt à se refermer sur nos vies de bohème ?’’
Claude
Ecrit le 22 Mars 2026
Peinture de Laurence Nolleau
Illustration musicale : Léo Ferré : '' La the nana ''
https://www.youtube.com/watch?v=xdoxkb0jR3A&list=RDxdoxkb0jR3A&start_radio=1
|