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Le poids des choses
Je me suis allégé de tout ce poids des choses
Qui pesaient sur ma vie et ne servaient à rien.
En ouvrant les volets de cette maison close,
J’ai vu que la fenêtre donnait sur un jardin.
Je me suis allégé un peu comme une plume
Qui en virevoltant s’élève dans les airs
Quant au lever du jour se dissipe la brume
Pour que l’on voit danser un vol de montgolfières.
Je me suis allégé de tout ce qui m’encombre,
De tout cet inutile qui me pourrit la vie,
Du fardeau d’un passé, d’un présent plutôt sombre…
J’aime même fait le deuil de ce que j’ai écrit.
J’ai allégé mes phrases mais sans ‘’peser’’ mes mots,
Loin de toute morale puisque je m’en ‘’balance’’ ;
En ôtant le surplus dedans mon sac à dos,
J’ai pu ainsi trouver une vraie délivrance.
J’ai largué les amarres et coupé tous les ponts,
J’ai pris de la hauteur…notre Terre est si basse,
Et je n’ai retenu qu’une seule leçon :
‘’ Ce qui ne sert à rien ne vaut pas qu’on l’amasse.’’
J’ai mis dans des cartons des tas d’objets divers,
Et j’ai porté cela à la Ressourcerie.*
Oui j’ai fait le ménage dans toutes mes affaires,
Et dans mes souvenirs j’ai fait aussi le tri.
Certes, au fil du temps, j’ai tissé ma paresse,
J’ai amorti mes peines dans des élans de joie,
J’ai su déménager mais sans changer d’adresse,
Et j’ai pu exister en se passant de moi.
Pourquoi changer de vie, car toutes se ressemblent ?
On porte le fardeau de son chemin de croix,
Le simple dénuement seulement nous rassemble,
Mais on n’est pas assez dessous le même toit.
Il faut se délivrer de tous ces encombrants
Qui sont chers à nos yeux, mais n’ont pas de valeur,
Ces biens qu’on accumule toujours au fil du temps
Mais qui n’ont plus d’attrait quand on vide son cœur.
En me débarrassant, j’ai pris bien sûr le risque
De vouloir à tout prix retrouver mon ‘’fourbi’’
Et espérer payer une somme modique
Pour racheter l’objet qu’un jour j’avais banni.
Certes, en vieillissant, on fait la part des choses,
Quand le corps s’alourdit, l’âme devient légère,
On peut se libérer de pas mal de névroses
Et être soulagé de perdre ses repères.
La vie ressemble un peu à un vide grenier.
Il faut se séparer des choses que l’on aime
En évitant bien sûr d’avoir trop de regrets :
‘’A force de jeter, on se repent quand même.’’
Claude écrit le 26 Juillet 2026
Ressourcerie* : magasin de récupérations d'objets ont dont veut
se débarrasser gratuitement.
Illustration musicale:
Gilbert Bécaud : ''L'absent''
https://www.youtube.com/watch?v=nvpQapKtMXo&list=RDnvpQapKtMXo&start_radio=1
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