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Dans le théâtre obscur de nos fragiles vies,
S'agitent sept démons aux ombres infinies.
Ils rampent dans le cœur, murmurent à l'esprit,
Et dessinent les contours de notre propre nuit.
L'Orgueil monte le premier sur son piédestal,
Sourd aux cris de la terre, drapé dans son cristal.
Il lève un front altier vers un ciel qui l'ignore,
Et s'admire lui-même en s'aveuglant encore.
L'Avarice accroupie, au fond d'un coin secret,
Compte et recompte l'or qu'elle cache avec regret.
Riche de mille biens mais pauvre de partage,
Elle meurt de famine au milieu du bagage.
La Luxure s'éveille en un souffle brûlant,
Consumant la raison d'un désir insolent.
Elle cherche le plaisir dans l'éclat d'un mirage,
Mais ne laisse après elle qu'un amer naufrage.
L'Envie au teint livide regarde le voisin,
Empoisonnant son cœur du bonheur du prochain.
Elle flétrit les fleurs que sa main n'a pas cueillies,
Et vit dans la misère des vies qu'elle a choisies.
La Gourmandise arrive, oubliant la raison,
S'enivrant sans pudeur du goût et du poison.
Elle dévore le monde et s'engloutit soi-même,
Cherchant dans le festin le remède à l'extrême.
La Colère éclate alors en un féroce éclair,
Brûlant tout sur son pas comme un vent de l'enfer.
Les mots deviennent armes, le sang monte au visage,
Et la haine détruit ce qu'elle a mis des âges.
La Paresse enfin dort, d'un sommeil léthargique,
Laissant couler le temps d'un air mélancolique.
Elle refuse le geste, elle refuse l'effort,
Et s'enterre vivante en attendant la mort.
Voyez ce vieux miroir où l'homme se reflète,
Chaque vice y a peint sa terrible défaite.
Mais en reconnaissant ces ombres du passé,
Le cœur trouve la force de s'en libérer
TDR B59
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