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« MAGIE DE BROCELIANDE »
Quand mon esprit dérive au-delà de mon rêve,
C’est dans cette forêt, celle de Brocéliande,
Que je flotte irréelle au dessus de la lande.
Je ressens un pouvoir fabuleux qui s’élève…
Des lutins très farceurs m’entraînent dans la ronde
Mais les Trolls ombrageux essayent de nous punir,
Avec leurs mains griffues, veulent nous désunir,
De leurs pattes poilues, entrer dans notre monde.
Chaque rocher détient les pouvoirs de Merlin,
L’enchantement y dort, impassible latence
Que la mousse et le lierre habillent en silence.
La meule fracassée rappelle un vieux moulin.
Dans le chant d’un ruisseau bruissent des friselis,
Pépiements si légers …. Mystère minéral…
Y errerait encor, à la quête du Graal,
L’âme des chevaliers qui furent anoblis ?
Dans la sombre forêt, royaume où vit la fée,
Nous devinons Merlin et sa chère Viviane.
Ecoutez les soupirs venus de la cabane,
Celle qui disparaît dans la brume étoffée.
De ces fiers chevaliers, un écho retentit
Serait-ce le jeune homme appelé Lancelot.
Il est vrai que jadis, chacun menait complot.
Dans ces bois aujourd’hui, le passé se blottit.
Chaque feuille qui tremble agite un souvenir….
Chaque branche qui ploie sous le vent, la tempête,
Fait surgir une plainte et l’écho la répète.
Chaque tronc cache une âme et qui peut survenir…
Mais point de table ronde en ces lieux mystérieux.
On ne peut que s’asseoir près de l’eau qui s’écoule
Emportant à jamais vers la lointaine houle
Les rêves que l’on fait de ces héros glorieux.
Pourtant j’aime à songer, à cette ère lointaine.
Quand au soleil couchant, la forêt devient sombre,
Je sais un monde errant, plongé dans la pénombre,
Des formes farfelues descendent vers la plaine.
Mon esprit enfiévré réclame des chimères
Hélas nuls chevaliers, et pas non plus de sages,
Juste l’ombre voilée d’étranges personnages.
Mon imagination se plait dans les mystères !...
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