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 Silencieux, le regard dans le flou,
J’attends le silence au regard fou
Qui se pare de ses beaux appas
Pour faire face aux regards du trépas
Perdu dans le souffle de son sein
J’errerai sur les maux de ses reins
Parmi un ciel étrangement bleu
Où le murmure semble être un aveu.
Mais ce silence, seul, peut faire mal,
Parfois étrangement mal au coeur,
D’un être ressemblant au cristal
Venu des planètes de la peur
Son souffle est le souffle du cosmos,
Son regard est le regard des Temps,
Son chant est le chant de cet Eros
Qui se lamente depuis longtemps.
L’étrange illusion au fond de moi
Qui s’y mire est pareil à l’effroi
Où s’appends une peur silencieuse
Au bras d’une grâce délicieuse
Seul survivant d’un monde oublié
Il erre dans l’algie interdite
Où son coeur semble s’être atrophié
D’une multitude sans limite
Mais son regard est l’égal du loup
Souffrant en voyant sa mie la lune
Qu’une pâleur rougit tout à coup
En s’offrant aux flirts de Neptune
Son cri hurle à tout vent sa tristesse
D’être désarmé face à l’amour
Par une tendre et douce déesse
Qui le captiva par ses atours.
L’être de cristal est né souffrance
Dans le silence incongru d’un mort
Où détresse rime avec errance
Pourchassant l’instant de réconfort
Mais il est partout et nulle part
Dans cet étrange et dans cet éveil
Le menant au-delà du rempart
Pour coucher un instant son soleil.
Détruit par la limite du réel,
Il a brûlé comme un feu de paille
Et est devenu Immortel
Où d’amour il regarde la faille.
Maintenant brisé comme un miroir
Il pleure des larmes sanguinaires
Fuyant un éternel désespoir
Se dirigeant d’instinct au calvaire
Mais où est son esprit combatif
Perdu dans l’immensité sans nom
D’un désir amoureux, affectif
Par delà l’immensité du fond.
Son esprit combatif s’est tué
Sur le mur de glace en silence
Perdu, torturé, destitué
Par une étrange et folle démence.
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