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Si mon destin devait s'éloigner de ce port
De tous les plaisirs fous que j'ai bus à ton corps,
S'il m'en fallait payer aujourd'hui le tribut
En n'étant jamais plus, par amour, mise à nu.
Et si tout s'arrêtait dans un écran de larmes,
Si plus jamais un gars ne me trouvait de charmes,
S'il me fallait tourner la page des frissons
Et oublier l'oubli au ciel des pâmoisons.
Si je n'étais déjà qu'une vieille en puissance,
Un souvenir si vague au creux de ton absence,
Si je ne pouvais plus goûter à la jouissance
Que sous mes doigts perdus au nuit des longs silences.
S'il ne m'était donné, d'un jour nouveau vibrer,
Et au vin de la chair m'en aller m'enivrer.
De tout ce temps déçu à rêver de délit,
Avec la solitude accrochée à mon lit.
Si l'homme que j' attends ne trouvait pas ma trace,
A jamais égaré dans le cyber espace.
Le reste de ma vie à tourner dans le vide,
A en perdre l'espoir, à en compter mes rides.
Avec pour seuls soupirs ceux qui soufflent le mal,
Je sécherai alors comme une fleur banale,
Et de ce coeur trop grand reçu en héritage,
Il ne restera rien que mes mots en naufrage.
20 Août 2005
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