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Recueilli sur un parking, bout de chat
Minuscule panthère de quelque mois
Perdue dans un océan de voitures et de goudron
Dans ton éternel pyjama, tu étais si mignon
Chez nous tu trouvas caresses
Un foyer nommé tendresse
Petit voyou ton museau bé devant ses fleurs
Mini matou découvrit un jardin de senteurs
Noir et blanc Domino, dormant dans ma chemise
Exigeait de moi ce petit hamac tout à sa guise
Après de douces siestes et de longs ronrons
En transe pour jouer, tu n'étais plus que vibrations
Quand l'automne fut venu, tu prenais des bains de feuilles
Avec ta queue panachée, tu devenais écureuil
Le soir, fourbu, tu t'endormais heureux et serein
Près de la cheminée, tu devenais sage lutin
Petit à petit, notre minou grandit
Air coquin et museau mafflu, tu aimais tant la vie
Affectueux avec les humains, belliqueux avec les chats voisins
Partie de griffes, tu prenais des raclées avec entrain
Petit Domino, un jour sur moi tu te lovas et me dis, tu sais
Face au destin, je suis aussi léger qu'un épi de blé
Aime moi et profitons de l'instant si caressant
Je me coulerais dans ton cou, ronronnant tendrement
Avec ton amour, ma vie aura été si remplie, si intense
Jusqu'à mon dernier souffle j'aurai le souvenir de mon maître au cœur immense
Puis par une belle matinée de juin, matou partit et ne revins plus
Rendez-vous avec une auto, un fossé fut sa tombe; tétanisé par ma douleur je me tus
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