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« QUAND ELLE EST PARTIE… »
Dans un carton ficelé, des secrets
Elle avait gardés … Puis elle est partie
Lassée de son passé… Anéantie.
A petits pas bien lents, toujours discrets.
… … …
Depuis des années, elle vivait seule.
Chaque matin, triste elle cheminait,
Un bouquet à la main qu’elle serrait,
Tête baissée, pauvre vieille aïeule.
Elle demeurait tout au bout du village,
Et ne communiquait avec personne.
Nombreux l’appelaient «vieille sauvageonne»
Ce n’était pas une fan du commérage.
Ce petit bout de femme tristounette
N’avait qu’un seul bonheur en l’existence :
Une fillette ! Sa douce présence,
Rendait sa destinée plus guillerette !
Les années passant elle s’étiolait.
La fillette était devenue femme
Mais elle tenait à voir la brave dame,
La voir sourire et rire lui plaisait.
Entre elles deux quelle belle harmonie
La chère dame avait émis un vœu
Le coffret secret en était l’enjeu
Elle lui confia, faveur infinie.
Promets moi de ne l’ouvrir ma chérie,
Lorsque je ne serai plus de ce monde !...
Elle a quitté la vieille boule ronde.
Je le ferai si ma peine guérie !
… … …
Chaque jour en regardant ce carton,
Je la voyais partir au cimetière,
En main ses fleurs dont elle était si fière,
Un rendez-vous qui était sa raison !
… … …
Le temps passa puis je me décidai
D’un coup de ciseaux je coupai les liens
J’allais voir des secrets qui n’étaient miens
Que faire ? Sinon accepter son souhait…
Des tas d’enveloppes non cachetées,
Sur chacune d’elle « A Paul mon amour »
Dedans un feuille, un mot et un jour,
Trois fleurs séchées y étaient ajoutées.
Par dessous, de vieilles photos jaunies,
Une rose racornie, une broche,
Son bonheur était là, pauvre fantoche,
Mes visites devaient être bénies…
… … …
Lorsque je pense à cette brave femme
Je me dis : tes jours furent bien austères,
Qu’ils étaient vraiment menus tes mystères,
Mais mes visites réchauffaient ton âme…
Je t’aime fort chère petite dame !
© Calynette (2005)
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